Une citoyenne a introduit ce 5 janvier 2022 une action judiciaire en cessation contre l’Etat belge devant le président du Tribunal de première Instance de Bruxelles, visant Alexander de Croo et Frank Vandenbroucke pour « discrimination et incitation à la discrimination envers la population non vaccinée, voire même inciter à la haine contre elle, n'hésitant pas à en faire les responsables de l'échec de la politique sanitaire ».

La loi anti-discrimination du 10 mai 2007 interdit en effet « toute forme de discrimination » fondée sur une liste de critères précis dits « protégés ». « L’état de santé actuel et futur » est l’un de ces critères, au même titre que l’origine, le genre et la religion, par exemple.

Au sens de la loi, la discrimination peut être autant directe qu’indirecte et comprend également l’injonction de discriminer ou le harcèlement (créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant). On garde encore en mémoire les propos récents du premier ministre belge sur « l’épidémie des non-vaccinés » , ou ceux du ministre de la santé fédéral qui trouvait récemment « compréhensible » la « colère contre les personnes non-vaccinées » .

À l’heure où les décideurs politiques se lâchent impunément contre les personnes non-vaccinées qui usent simplement d’un droit constitutionnel de choisir de se vacciner ou non, certains citoyens estiment qu’il est opportun de placer des limites à la parole publique.

Me Inès Wouters, avocate au Barreau de Bruxelles, répondra aux questions de la presse lors d’une conférence de presse ce vendredi 7 janvier 2022 à 11h au Press Club Bruxelles Europe.

Par Hughes Belin, rédacteur en chef chez BAM!


https://www.unia.be/fr/legislation-et-recommandations/legislation/loi-du-10-mai-2007-tendant-a-lutter-contre-certaines-formes-de-discrimination

https://www.moustique.be/a-la-une/2021/09/20/epidemie-des-non-vaccines-les-propos-de-de-croo-ne-passent-pas-210624

https://www.lalibre.be/belgique/politique-belge/2021/11/21/frank-vandenbroucke-les-personnes-vaccinees-sont-en-colere-contre-les-non-vaccinees-et-cest-comprehensible-ZVQFBQUUZNB7LIOYVEPPRKWFZE/

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/pass-sanitaire/emmanuel-macron-veut-emmerder-les-non-vaccines-pas-une-petite-phrase-un-raisonnement-assure-un-proche_4904961.html

Source photo:
https://www.flickr.com/photos/worldeconomicforum/24477348476 - Valeriano Di Domenico
https://www.md-universal.eu/images/File-Frank_Vandenbroucke_-24331099307-.jpg

Pour suivre la conférence de presse, cliquez ici:
Conference de presse: 07/01/21

Categories: Hughes Belin 

 

En Belgique, le malaise enfle dans le cœur d’une partie des citoyens, comme l’illustrent, tout dernièrement, les marches « pour la liberté ». Unis dans un même profond malaise, des citoyens de nombreux pays européens manifestent leur ras-le-bol des mesures de gestion de crise sanitaire.

Le débat sur l’obligation vaccinale est ouvert et il est intéressant d’entendre des voix diverses afin de se forger sa propre opinion. La publication de l’ontologue australien Michael Kowalik , consacrée à l’éthique du refus de la vaccination , est à cet égard importante à prendre en compte, car elle examine la question hors du champ médical ou juridique.

Les non-vaccinés sont décriés, stigmatisés et discriminés par des pans entiers de la société (médias , gouvernements et simples citoyens ). On leur tire dessus à boulets rouges, on les diabolise pour leur incivisme et les tient pour responsables de ce que les chantres de la vaccination appellent une « épidémie des non-vaccinés » . Le « pass sanitaire » comme moyen de coercition « soft » est désormais en vigueur dans de nombreux Etats en Europe et le débat sur l’obligation vaccinale fait déjà rage dans certains pays, avec les encouragements de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen , malgré les réserves de l’OMS .


La vaccination : un devoir citoyen ?

Les tenants de la vaccination estiment que sauf contre-indication médicale, toute personne a le devoir de se faire vacciner, pour le bien de des personnes immunodéprimées ou à risques, ou simplement parce que « les bienfaits de la vaccination universelle sont tels pour la santé publique » que le refus de l’injection en devient irrationnel ou « contraire à l’éthique ». Ils arguent d’une « faible incidence en termes d’effets secondaires » et d’une « prévention efficace des maladies graves ». Dans cette optique, la vaccination devient la panacée, qui nous fait échapper à la pire des « catastrophes », et le spectre de la non-vaccination justifierait à lui seul le recours à la discrimination et à la coercition.

Prévention des risques : la fin justifie-t-elle les moyens ?

Michael Kowalik explique, dans sa publication, que l’« autonomie corporelle » de l’individu doit l’emporter sur l’idée d’une nécessaire « réduction ou élimination des risques que celle-ci fait peser sur la vie d’autrui ». D’autant que nos actes sont, presque tous, sources de risques potentiels pour autrui.

Selon l’auteur, la violation des libertés individuelles ne saurait être légitimée par le seul souci de prévenir la « catastrophe » que représente la maladie. En d’autres termes, les restrictions à la liberté de l’individu doivent être « raisonnablement nécessaires au maintien de ce qui confère à la vie toute sa valeur », en sachant que la liberté (en ce compris celle d’accepter, ou non, un traitement préventif après en avoir évalué le bien-fondé) constitue elle-même la clé de voûte d’une vie qui vaut la peine d’être vécue et qu’à ce titre, « elle mérite d’être préservée ».

« L’autonomie corporelle sous-tend notre existence en tant qu’êtres rationnels conscients ». Elle est à ce point essentielle qu’une « violation permanente de cette autonomie corporelle » constitue ni plus ni moins une « destruction partielle de l’être ». C’est pourquoi la contribution à l’immunité collective (induite par la vaccination) « doit compenser pleinement le préjudice que la coercition fait peser sur l’autonomie corporelle de la personne ». Et c’est une gageure, compte tenu du caractère potentiellement irréversible de l’acte médical posé. L’idée que la coercition médicale puisse être légitimée s’en trouve dès lors exclue.

Michael Kowalik relève une « répartition inégale du préjudice subi, en termes d’effets secondaires de la vaccination »: certaines personnes en garderont des séquelles à vie ou connaîtront de graves complications médicales, tandis que d’autres n’en ressentiront pas les effets. De toute façon, les risques potentiels associés à la vaccination sont tels qu’il est éthiquement impensable de contraindre l’individu à mettre sa vie en jeu pour le bien de la collectivité.


Réciprocité

L’injection n’étant sans risque, « l’obligation morale qui nous incombe de nous faire vacciner implique que nous sommes tenus de réduire les risques qui pèsent sur la santé d’autrui en acceptant de faire peser sur notre propre santé un risque accru ou inconnu ». Il en découle que « si je dois accepter, pour ma personne, un risque accru pour préserver autrui, il est juste que les autres acceptent à leur tour, pour eux-mêmes, un risque accru » (découlant, par exemple, du choix de ne pas me faire vacciner) pour réduire le risque qui pèse sur ma personne, dit l’auteur.

La coercition n’est pas éthique

Hormis le fait qu’elle porte indument atteinte à l’autonomie corporelle, l’obligation vaccinale implique « un arsenal de mesures discriminatoires censées améliorer, dans l’intérêt de la santé publique, l’état naturel de notre système immunitaire » - l’une de nos « caractéristiques biologiques saines et innées ». Or, toute forme de coercition ou de discrimination revêt un caractère non éthique dès le moment où elle « vise à faciliter, encourager ou normaliser une modification non désirée de nos caractéristiques biologiques saines et innées ».

Aucune légitimité

L’obligation vaccinale instaure donc une « discrimination à l’encontre des caractéristiques biologiques saines et innées de l’individu ». Par conséquent, aucune légitimité ne peut lui être conférée, quelles que soient les circonstances (urgences et épidémies) ou l’existence « d’hypothétiques vaccins médicalement sans risque ». Par ailleurs, « il n’est guère plus d’obligation morale de se faire vacciner que de fondement éthique solide propre à justifier une discrimination à l’encontre des personnes non vaccinées ». Qu’on se le dise !

Par Sylvie Huygen, journaliste citoyenne à BAM!


philosophe éthicien, spécialisé notamment dans l’ontologie et la métaphysique.

Kowalik, Michael, Ethics of Vaccine Refusal (February 26, 2021). Journal of Medical Ethics (2021) DOI: 10.1136/medethics-2020-107026, Available at SSRN: https://ssrn.com/abstract=3793981

https://bam.news/tribune/qui-vous-paie-beatrice-delvaux/

https://www.lalibre.be/belgique/politique-belge/2021/11/21/frank-vandenbroucke-les-personnes-vaccinees-sont-en-colere-contre-les-non-vaccinees-et-cest-comprehensible-ZVQFBQUUZNB7LIOYVEPPRKWFZE/

https://www.lesoir.be/411958/article/2021-12-12/grand-barometre-les-belges-vaccines-approuvent-lidee-de-limiter-les-libertes-des

https://www.arte.tv/fr/videos/106947-004-A/une-epidemie-de-non-vaccines-desintox/

https://www.thelancet.com/journals/lanpub/article/PIIS2468-2667(21)00273-5/fulltext

https://www.touteleurope.eu/societe/covid-19-dans-quels-pays-d-europe-un-pass-sanitaire-national-est-il-en-vigueur/

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_coronavirus-ursula-von-der-leyen-plaide-a-titre-personnel-pour-une-discussion-sur-la-vaccination-obligatoire?id=10889563

https://www.politico.eu/article/who-cautions-against-mandatory-vaccination/

On a souvent entendu depuis le début de cette crise que “la peur du covid a fait que les gens ne se sont pas fait suivre par leur médecin, et que leur état s’en est aggravé“. Même la chaîne publique allemande ARD en parle aujourd‘hui, après un an et demi de branle-bas de combat pandémique.

D’après elle, pour les hôpitaux qui disposent de statistiques, 71% voient plus de cancers du poumon avancés, 50% voient des cas de diabètes graves et 44% voient plus de patients chez qui les douleurs se sont aggravées.

Le ministère de la santé n’y voit aucun manquement de sa part, puisqu’il n’aurait jamais conseillé le report de soins urgents.

Par Colin Meier, journaliste citoyen à BAM!


Lisez l’article original dans son intégralité ici : publié le 2021-11-02
https://www.tagesschau.de/investigativ/report-mainz/corona-chronisch-kranke-101.html

Source photo:
https://www.qwant.com/?q=covid19+h%C3%B4pitaux&t=images&license=share&o=0%3A542B307FC5D226E55DCD45EF055C764B55E8CC32


A l’heure où les Bruxellois commencent à administrer le « vaccin anti-covid » aux enfants de 5 à 11 ans et où le débat sur l’obligation vaccinale fait rage dans l’Union européenne, le Japon fait résolument figure d’exception avec une politique vaccinale fondée sur l’absence de coercition et de discrimination.

Le ministère japonais de la Santé encourage, certes, les citoyens nippons à se faire vacciner, mais la démarche ne peut faire l’objet d’aucune pression de la part de l’entourage (y compris sur le lieu de travail) et doit reposer sur le consentement éclairé de la personne. D’ailleurs, loin de vanter l’innocuité du vaccin ou d’en occulter les effets indésirables, les Japonais mettent tout en œuvre pour informer dûment le citoyen avant qu’il n’opte pour l’injection : les emballages du produit renferment un avertissement sur les risques éventuels de myocardite (entre autres). S’y ajoute un engagement ferme envers le signalement des effets indésirables afin de mieux « documenter » les effets secondaires potentiels.

Enfin, pour éviter, sur le lieu du travail, toute discrimination à l’encontre de personnes non vaccinées, les Japonais ont trouvé cette solution imparable : une mise en lien avec une page « Conseils en matière de droits de l’Homme », qui comprend des instructions pour le traitement des plaintes spécifiques.

Ce faisant, les Nippons décident que le choix de se faire injecter (ou non) appartient à l’individu, ou au parent dans le cas d’un enfant. Une approche résolument plus éthique, qui pourrait inspirer la gestion de crise dans les pays occidentaux.


https://www.levif.be>belgique>article-news-1506417

https://brownstone-org.cdn.ampproject.org/c/s/brownstone.org/articles/japans-vaccination-policy-no-force-no-discrimination/amp/

Source photo:
https://www.flickr.com/photos/pet_r/2383742514/ © Pet_r


Le 10 décembre 2021, la Cour d’appel a rendu son jugement sur l’extradition du lanceur d’alerte Julian Assange. Elle accepté les « assurances » américaines, qu’en cas d’extradition, Assange ne sera ni soumis à des mesures punitives (Special Administrative Measures - SAMs) ni détenu dans une prison de haute sécurité (ADX, Florence), sauf si, dans le futur il se comportait d’une manière qui justifierait un tel traitement.

Sur les cinq points d’appel, la Cour n’en a retenu que deux (points 2 et 5) : ceux qui réfèrent aux assurances fournies par les États-Unis. Les points 1, 3, et 4, qui remettent en question le mauvais état mental d‘Assange ainsi que son appréciation par la juge précédente, ont été récusés.

La Cour d‘appel donne donc raison au jugement antérieur sur le fond. Mais entre-temps les États-Unis ont soumis leurs « assurances », qui, comme la Cour d’appel le reconnaît d’ailleurs, n’ont pas caractère de preuves qu’un mauvais traitement n’aura pas lieu. Elle donne néanmoins raison aux États-Unis sur la forme, puisqu’il n’y aurait pas de preuves du contraire non plus ! Sur cette base de décision plus que frêle, la Cour a rejeté les objections d’Assange à cet effet.

S’il y a une chose que les révélations d’Assange auraient dû faire comprendre au monde, c’est que les États-Unis n’en ont que faire de leur parole ou du traitement correct de leurs ennemis.

Par Colin Meier, journaliste citoyen à BAM!


Source photo: Flickr © duncan c
https://www.flickr.com/photos/duncan/49659118057

https://www.md-universal.eu/images/USA-v-Assange-judgment101221.pdf


L’ATIH, l’agence technique de l’information sur l’hospitalisation en France, a publié une synthèse « des prises en charges hospitalières de la COVID-19 en 2020 » [1]. Des chiffres détonants au regard du narratif. Sans remettre en question que des hôpitaux aient été surchargés à certaines périodes (pics épidémiques, concentrations géographiques, hospitalisations plus longues), cette analyse remet en perspective le covid par rapport aux autres pathologies et invite à regarder le phénomène sous un angle plus rationnel, au-delà du prisme de la peur.

L’ATIH est un établissement public de l’Etat chargé, entre autres, de la collecte et de l’analyse des données des établissements de santé sur l’ensemble du territoire français. Le rapport, publié récemment sur son site, nous apprend que « les patients covid représentent 2% de l’ensemble des patients hospitalisés au cours de l’année 2020, tous champs hospitaliers confondus » et qu’ils « représentent 5% de l’ensemble des patients pris en charge en service de soins critiques ». On a peine à y croire, tant la proportion réelle est faible par rapport à ce qu’elle est dans l’imaginaire collectif !

Une vision décalée par rapport à la réalité

On s’était en effet imaginé les hôpitaux remplis de patients covid pendant ces deux années, comme le souligne d’ailleurs le médecin Martin Blachier , invité sur le plateau de « Ça vous regarde ». Or, à la lecture de ce rapport, force est de constater que « ça reste les autres pathologies qui ont envoyé les gens à l’hôpital, pour la plus grande majorité. », et « qu’on a eu une vision décalée par rapport à la réalité hospitalière » . Indubitablement, ces chiffres ont le mérite de sortir la tête du guidon et, par la perspective globale qu’ils véhiculent, de nuancer fortement la représentation socialement construite de ce virus, du fait de son omniprésence médiatique.

La goutte d’eau qui fait déborder le vase

L’ATIH évoque, néanmoins, dans sa synthèse que « la crise sanitaire induite par la pandémie COVID-19 a eu un impact majeur sur l’activité des établissements de santé en 2020 » . Outre la longueur des hospitalisations , la concentration sur « quelques semaines au sommet des vagues », comme l’explique Martin Blachier, est à prendre en compte, de même, sans nul doute, que des concentrations géographiques.

Pour Marie Estelle Dupont, sur le plateau de « l’heure des pros », l’indispensable élément de contextualisation, c’est « l’éléphant au milieu du salon que personne ne veut voir », à savoir la situation dégradée des hôpitaux avant le covid. « Alors qu’on avait ce problème tous les hivers, on n’a fait que fermer des lits. ».

Concernant cet aspect, le journaliste Ivan Rioufol, s’indigne dans l’émission « les points sur les i » : « on s’aperçoit que l’Etat s’est immiscé jusqu’à l’excès dans les vies privées mais qu’il a négligé de s’occuper de l’hôpital public, c’est incompréhensible. » . Ou peut- être qu’il s’y est mal pris ? Toujours est-il, qu’au-delà de ce débat sur la santé de l’hôpital, on ne peut que partager la consternation de M. Blachier : « mais il n’empêche que sur la totalité de l’année c’est 2% » !

Par Marley R., journaliste citoyenne à BAM!


Sources :

Publication sur le site de l’ATIH le 28/10/2021 in https://www.md-universal.eu/images/aah_2020_analyse_covid.pdf

Sous la tutelle des ministres chargés de la santé, des affaires sociales et de la sécurité sociale https://www.atih.sante.fr/l-atih/presentation

p.4 in https://www.md-universal.eu/images/aah_2020_analyse_covid.pdf

Les soins critiques englobent la réanimation, les soins intensifs, les soins continus p. 5 in https://www.md-universal.eu/images/aah_2020_analyse_covid.pdf

Martin Blachier est un médecin français très présent sur le plan médiatique dans le cadre de la crise du covid. Il est l’un des dirigeants du Cabinet conseil Public Health Expertise

Propos extraits de l’intervention de Martin Blachier dans l’émission « Ça vous regarde » sur LCP -09/11/2021

https://www.youtube.com/watch?v=_d7dojrOa98&t=3361s – site de la chaîne https://lcp.fr/programmes/ca-vous-regarde

p.26 in https://www.md-universal.eu/images/aah_2020_analyse_covid.pdf

Relevé dans la synthèse de l’ATIH p.4

Propos extraits de l’intervention d’Yvan Rioufol in https://www.cnews.fr/emission/2021-11-07/les-points-sur-les-i-du-07112021-1146749

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