La patrie des droits de l’homme croit-elle toujours en la démocratie ?

Tribune
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Avant le premier tour des élections, de nombreux observateurs s’interrogeaient sur le niveau réel de « détestation » d’Emmanuel Macron dans la population.

Avec un score de 27,2%, il fait mieux que les sondages malgré un taux d’abstention élevé.

Ni débat ni bilan :

Ce plébiscite pour le président sortant semble cautionner son approche de ne rendre de comptes à personne, si ce n’est ses obligés, nous y reviendrons plus loin. Il a refusé de débattre avec ses opposants pendant la campagne et donc d’exprimer son projet futur pour le peuple français. En miroir, aucun bilan n’est tiré d’un mandat qui a vu de graves atteintes aux libertés (crise du covid et gilets jaunes), de graves atteintes à l’intégrité physique de ses opposants (gilets jaunes) et encore de graves atteintes au patrimoine de nos voisins par le dépouillement systématique de l’appareil d’Etat au profit d’intérêts privés.

L’idée que les institutions démocratiques doivent rendre des comptes ne semble plus habiter la conscience des citoyens. Ils votent pour une représentation, pour une posture.

Plus CEO que Président

En langage moderne, le CEO (Chief Executive Officer) - ce que dans la France de papa, on appelait un Président directeur général – assure le destin de l’entreprise. Dans ces temps de néo-libéralisme débridé, le CEO travaille surtout à garnir le portefeuille des actionnaires et accessoirement à augmenter son bonus.

Ce management du profit s’accompagne rarement du respect des employés qui subissent un « fear management » (management de la peur) de tous les instants. Cette technique fut d’ailleurs copiée/collée durant la crise du covid pour imposer les mesures liberticides.

Cette « management » attitude est précisément la marque du président sortant qui n’a gouverné qu’au profit des Pfizer, Mac Kinsey, BlackRock, MSC, … Tout a été dénoncé. Des journalistes - pas dans les médias mainstream - ont fait un travail remarquable d’investigation sur ces sujets [1]. En 2017, le soldat Fillon était tombé pour quelques costumes et un emploi fictif. Les temps changent et ce capitalisme de connivence entre élites politiques et privées autour de sommes et d’intérêts qui donnent le vertige, ne gênent pas l’opinion publique, qui s’en accommode. Elle s’accommode aussi d’un « quoi qu’il en coûte » qui a permis un enrichissement sans précédent d’entreprises privées au détriment du bien commun.

La démocratie empêcheuse de tourner en rond

La Vième République Française qui concentre la majorité des pouvoirs dans les mains d’un seul est une anomalie démocratique. Elle permet, de la part de l’occupant du trône, de faire main basse sur les institutions. C’est précisément ce qui s’est passé sous Emmanuel Macron, comme jamais auparavant. Tous les corps de pouvoir ont été instrumentalisé : Justice, Police, Cour Constitutionnelle, Parlement, … L’impunité est telle que le ministre de la Justice (Garde des Sceaux) exerce son autorité, tout en étant mis en examen depuis près d’un an sans que cela ne dérange l’opinion publique !

Aucun pays européen n’a été aussi brutal dans les mesures anti-démocratiques que la France de Macron. L’auto-attestation de sortie pendant le confinement ou l’obligation vaccinale des soignants en sont de tristes exemples. Ici aussi, le conflit d’intérêts n’est pas loin. Emmanuel Macron est un proche de Pfizer (période banque Rothschild) dont il a aidé à se défaire de sa branche Nutrition au profit de Nestlé [2]. Proximité également avec le fonds d’investissements américain BlackRock (actionnaire de Pfizer et Astra Zeneca). Jean-François Cirelli, président de BlackRock France a d’ailleurs été élevé au grade de la Légion d’Honneur par le président Macron en janvier 2020. A qui a profité la terreur vaccinale institutionnalisée par un pouvoir autoritaire ?

Europe démocratique ?

Le troupeau des zélateurs d’Emmanuel Macron vantent son engagement européen et sa stature internationale. Mais de quelle Europe parle-t-on ? De l’Europe des contrats occultes avec des sociétés pharmaceutiques pour des vaccins ? De l’Europe des ventes d’armes à l’Ukraine ? De l’Europe qui renoue avec un modèle agricole productiviste sous prétexte de crise ukrainienne ? De l’Europe de l’identité numérique décidée sans accord des populations ? De l’Europe d’un plan de relance flou qui endettera les Européens à long terme … ?

La stature européenne du président sortant est d’étendre son terrain de jeu et de décider, en petit comité, des arbitrages qui bénéficieront toujours aux mêmes acteurs privés, mais à plus grande échelle.

Alternative démocratique …

Vox populi vox Dei ! Cet adage sied bien à l’élection présidentielle française. Le peuple qui s’est fait dépouiller et brutaliser comme jamais, en redemande. La liberté n’est plus une valeur phare. La « safe culture » domine les esprits. Les citoyens sont prêts à céder la démocratie au profit d’un vague sentiment de sécurité gonflé par de véritables campagnes agissant sur le levier de la peur. Au dieu Jupiter, ils ont choisi d’opposer la même figure qu’en 2017 : une opposante sans contenu, sans projet, représentante d’une extrême droite émoussée.

Après cinq années de pouvoir autoritaire, de manipulation médiatique et de déconstruction systématique du modèle social, la France est un champ de ruine démocratique. L’issue de ce premier tour ne redistribue pas les bonnes cartes pour espérer casser cette dynamique mortifère pour les droits et libertés des citoyens.

Par Philippe Davister

 

[1] Voir les enquêtes du media français Blast - https://www.blast-info.fr/tags/enquetes-FVrtfGpeQK2_MsaDirZCNw et les enquêtes de OFF Investigation - https://www.youtube.com/channel/UCEFGCs68E9Vr5te5qZuJsbg

[2] https://www.swissinfo.ch/fre/economie/election-présidentielle-française_macron-le-banquier-de-nestlé-à-l-elysée/43153142