La vérité n’est jamais bonne à dire…

Les tribunes
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On vit dans un monde dans lequel les menteurs sont récompensés. Les rares qui tentent de transmettre la vérité sont spoliés. Les délateurs sont les rois du trottoir, les redoutés du quartier et considérés comme des grenouilles de bénitier bienfaitrices pour la garantie de la morale sociale.

Trois lanceurs d’alerte sont mondialement connus. Chelsea Manning, Edward Snowden et Julian Assange. Des ennemis publics à brûler sur la place publique… américaine. La première pour avoir au sein de son boulot d’analyste militaire dénoncé des exactions de soldats américains sur des civils irakiens. Elle doit sa liberté fortement conditionnelle à une tentative de suicide.

Edward Snowden est un informaticien de la CIA qui a balancé auprès des médias des programmes de surveillance massive de la population britannique et… américaine. Il a fui et il est devenu russe à titre définitif.

L’actualité met sous la lumière Julian Assange, qui a créé Wikileaks. C’est une organisation non gouvernementale sans but lucratif fondée en 2006 qui publie des documents classifiés, les leaks, provenant de sources anonymes. WikiLeaks n'est pas affiliée à Wikipédia ni à la Wikimedia Foundation. Le garçon est évidemment poursuivi par nos amis… américains. Il a surtout dévoilé la manière dont les États-Unis et leurs alliés ont mené la guerre en Irak et en Afghanistan.

Assange est assigné à résidence à Londres depuis 2010, où il s’est réfugié à l’ambassade d’Equateur, dont il a finalement été rejeté pour être incarcéré dans un cachot londonien. La justice britannique vient formellement d’autoriser son extradition aux États-Unis. Ce qui pourrait se faire dans les 28 jours.

L’art au secours de la liberté d’expression

Un artiste italien, Davide Dormino, a créé le concept Anything to Say ? Une sculpture en bronze et une installation artistique itinérante. Déjà vue à Berlin, Paris, Genève et Bruxelles en 2020. Manning, Snowden et Assange y sont représentés debout sur une chaise. Une quatrième chaise est libre pour toute personne qui souhaite s’exprimer. J’ai envie d’y crier #freeassange.

C’est la liberté d’expression qui est en jeu. Il faut arrêter de laisser brimer le droit légitime à la vérité. C’est ce que nous vivons depuis trop longtemps. Les lanceurs d’alertes devraient être des héros glorifiés, honorés et protégés. C’est tout le contraire. C’est la chasse aux sorcières.

Une loi européenne vient d’établir une règle sur les lanceurs d’alertes. Elle est cornaquée par le libéral liégeois qui est parti se réfugier derrière une immunité en qualité de Commissaire Européen. Les zones d’ombres vont lui permettre beaucoup de liberté de répression. Un Bameur averti en vaut deux…

« Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles » - Max Frisch

Par Pietje Schamouille