Effets secondaires : une étude allemande très (trop) gênante

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Une étude allemande montre que les effets secondaires graves de la vaccination anticovid toucheraient environ 500 000 personnes en Allemagne, soit 0,8% des vaccinés, contrairement aux 0,2% officiellement annoncés par l’institut de pharmacovigilance allemand.

Cette étude vient de la Charité, l’hôpital berlinois d’où provient le test PCR soumis à l’OMS en janvier 2020 et qui est à la base de toutes les mesures de gestion de crise. L’hôpital a retiré de son site web la page de l’étude.

Depuis un an, le Pr Harald Matthes de la Charité, le CHU de Berlin, mène l’étude « ImpfSurv »[1], qui comprend à ce jour environ 10.000 patients, vaccinés et non-vaccinés, interrogés en ligne de façon systématique et à intervalles réguliers sur les effets secondaires liés aux vaccins contre le covid[2]. Ceux-ci doivent être en bon état de santé au moment du consentement à la participation à l’étude[3]. Le but est d’établir registre des effets secondaires ainsi que les profils de sécurité des vaccins.

Les résultats de l’étude

Il y a quelques jours, le Pr Matthes a présenté à la radiodiffusion publique régionale allemande, le MDR[4][5] , [6], ses résultats intérimaires. Les médias et le Pr Matthes se veulent rassurants tout en concédant l’énormité : les effets secondaires graves seraient indéniables, comme avec tout traitement, mais seraient tout de même rares – alors qu’ils toucheraient environ 500 000 personnes en Allemagne, selon le Pr Matthes – càd nettement plus fréquents qu’officiellement admis. Néanmoins, ceci est un signal important, car c’est de la Charité qu’il émane, le CHU d’où est sorti le fameux test PCR du Dr Drosten, soumis à l’OMS en janvier 2020 et qui est à la base de toutes les mesures sanitaires. La Charité a rapidement réagi en retirant de son site web la page de l’étude.Le Pr Matthes estime la sous-notification des effets secondaires à environ 70% à 80 %. Dans 80% des cas d’effets secondaires graves, ceux-ci se dissiperaient après 3 à 6 mois et dans 20% des cas ils perdureraient au-delà de 6 mois. Or, ces effets secondaires graves toucheraient 0,8% des vaccinés, contrairement aux 0,2%, rapportés au nombre de doses, d’effets secondaires graves officiellement annoncés par le Paul-Ehrlich-Institut (PEI)[7], l’institut de pharmacovigilance allemand. Cela reviendrait, en chiffres absolus, sur 60 millions d’Allemands vaccinés à environ 500 000 personnes ayant subi un effet secondaire grave. Pour rappel, un effet secondaire grave est potentiellement mortel ou provoque une incapacité de travail d’au moins trois jours et nécessite un traitement médical. Le nombre de personnes touchées serait donc 16,5 fois plus élevé que celui annoncé par le PEI[8] en fin d’année 2021.

Des aveux, à dose homéopathique

Plusieurs médias allemands ont relayé l’information concernant l’étude[9][10][11][12][13]. Malgré tout, ces médias, leurs médecins « experts » ainsi que le Pr Matthes renchérissent avec leur discours rassuriste : bien sûr les vaccins restent, à leurs yeux, globalement sûrs et efficaces puisqu’ils induisent des anticorps - qu’ils soient utiles ou non n’est pas la question. Surtout face au variant Delta, la question ne se pose même pas pour Pr Matthes, mais face à Omicron, il n’en sait rien[14]. Selon lui, le risque d’effets secondaires individuels reste inférieur comparé aux risques cumulés de la maladie. Bien entendu, le Pr Matthes n’est pas un « anti-vaxx », puisqu’il a, lui-même, vacciné beaucoup de gens. En outre, il s’agirait aussi de différencier entre les effets secondaires graves passagers, se dissipant après ‘seulement’ quelques mois, et les effets secondaires graves permanents, qui à eux seuls constitueraient des dommages ou lésions[15]. C’est désormais un nouveau discours.

Un procédé bien rôdé

D’autres médias, comme Die Zeit[16], ont même tenté de discréditer l’étude en remettant en question l’intégrité du professeur (il est anthroposophe, ou adepte de la philosophie de Rudolph Steiner). Le quotidien prétend avoir trouvé des erreurs, sans les démontrer, et doute du concept méthodologique, sans jamais critiquer une seule fois les multiples manquements méthodologiques exercés par la « science » depuis deux ans. Il ignore, par ailleurs, d’autres chiffres qui accréditent la thèse de l’explosion des effets secondaires : on observe, en 2021, une augmentation d’un facteur de 3,5 des soins administrés en milieu hospitalier, ainsi qu’un accroissement des décès de 20%, suite à la vaccination de masse, comparé à 2019 et 2020[17]. L’hebdomadaire induit en erreur les lecteurs quand il suggère que le scientifique aurait confirmé ces failles, en admettant que son étude présenterait – rien de plus normal en sciences – des limitations. D’après Die Zeit, la Charité aurait d’ailleurs déjà pris ses distances avec les conclusions du Pr Matthes. En effet, pendant la rédaction de cet article, entre le mardi le 10 mai et le mercredi 11 mai, la page de l’étude a disparu du site de la Charité[18].Ces tactiques ressemblent fâcheusement à celles employées contre l’ex-président de la mutuelle allemande BKK ProVita, Andreas Schöfbeck. Pour rappel, celui-ci avait lancé l’alerte concernant le nombre d’effet secondaires liés aux vaccins anti-covid. Pour cela, il avait été désavoué et limogé de son poste[19]. Entre temps, l’analyste responsable de l’évaluation des chiffres internes de la BKK ProVita, Tom Lausen, a porté plainte contre le nouveau directeur de la mutuelle, qui aurait empêché la transmission des données aux PEI[20].

Par Colin Meier, correspondant de BAM! pour l’Allemagne


[18] Le formulaire de consentement ainsi que les conditions de participation à l’étude, tels que l’impératif de compréhension de l’allemand, se trouvent ici : https://sozmed.charite.de/redcap/surveys/?s=FL3MDD8KFR&l=40