Photo: © Ikon Oklazt

La liberté de la presse est une condition de base en démocratie . Ceci n’est pas une information mais bien un fait. Il reste à comprendre quel champ d’action est réellement donné au terme de liberté.

Nos voisins hexagonaux ont nourri de multiples débats sur cette question depuis des décennies. La prise de contrôle de la ligne éditoriale d’un média suit en général un schéma assez classique : un oligarque très fortuné prend le contrôle de l’actionnariat d’un média, plutôt d’un groupe de médias et le met au service d’un pouvoir politique en place l’aidant dans son action en échange de « faveurs » au profit des affaires dudit oligarque.

La boucle est bouclée. C’est simple et efficace. Tout cela, bien sûr, en respectant l’autonomie rédactionnelle, la liberté des journalistes en place, avec le mot déontologie dans toutes les bouches.

De Dassault à Bolloré, en passant par Bouygues, cette approche a conduit à une concentration inédite dans les mains d’affairistes en tous genres en France bien sûr, mais aussi partout en Europe et, bien sûr, en Belgique.

Concentration

En Belgique francophone, après le rachat de RTL Belgique , par Rossel (Le Soir et Sudpresse) et DPG media (famille Van Thillo propriétaire de Het Laatste Nieuws et actionnaire de référence de VTM), il ne reste que deux groupes de presse privés aux commandes de la quasi-totalité de la presse francophone : Rossel et IPM (La Libre, la DH et L’Avenir – récemment LN24). Le groupe Roularta (Le Vif, Trends /Tendances) est renvoyé à une position mineure face à ces deux mastodontes des médias que sont désormais Rossel et IPM.

A priori, le seul point positif est qu’on reste entre professionnels des médias et que la presse d’opinion ne tombe pas dans les mains d’un entrepreneur des ponts et chaussées ou d’un marchand d’armes.

Pourtant, en y regardant de plus près, de nouveaux schémas de proximité entre milieux d’affaires et presse apparaissent.

Une certaine vision de la santé

Depuis près de deux ans, les médias classiques se sont mués en porte-parole du gouvernement et lui ont offert une véritable campagne de communication commerciale pour la vaccination, des mois durant. Rien ne fut négligé : visites touristiques dans les centres de vaccination, interviews de vaccinés épanouis, multiples débats et interviews entre gens du même avis, chiffres bidons des études Pfizer sur l’efficacité des vaccins, éditoriaux culpabilisant les non vaccinés. Tout ce qui pouvait être fait en terme de propagande a été fait pour amener l’auditeur, le lecteur, le téléspectateur ou encore l’internaute à se faire vacciner. Et cela a très bien marché ! Avec cette question lancinante : pourquoi nos médias indépendants ont-ils perdu tout sens critique et privilégient à l’unisson la voix du pouvoir et une certaine vision de la santé qui est loin d’être partagée par tous ?

En ce qui concerne Le Soir et le groupe Rossel & Cie dont il fait partie, un élément de réponse est peut-être à trouver dans sa proximité avec le monde pharmaceutique.

Marketing pharmaceutique

En 2017, le groupe Rossel entre majoritairement à hauteur de 77 % dans le capital de Red Pharma SA, une société active en Belgique sur le marché pharmaceutique auquel elle offre une série de services marketing, allant du couponing promotionnel au conseil en placement de produits, mais aussi par l’ensemble de la gamme des supports publicitaires en pharmacies (affichage, présentoirs, média télévisuel…). Red Pharma se vante de travailler pour 78 laboratoires pharmaceutiques, quasi l’ensemble des acteurs du marché.

Red Pharma possède une filiale, MTouch, spécialisée dans la réalisation d’événements (colloques, séminaires, présentations de produits, …) à l’attention du monde médical. En général, ces événements sont organisés dans des lieux de prestige, de villégiature, à grands frais des laboratoires pharmaceutiques qui distillent de l’information en échange … de rien ! Les professionnels appellent cela du marketing d’influence.

Chez Rossel, où le tout puissant et bien nommé administrateur-délégué Bernard Marchant achète, vend, filialise à tour de bras, on ne s’encombre plus du blabla creux sur la déontologie journalistique. Au contraire, on y va franco.

Synergies totales

Dans son communiqué de 2017 et sur le site internet du groupe , le rachat est évoqué en ces termes : « le Groupe Rossel entend mettre à la disposition de Red Pharma, l’ensemble de ses forces média et de communication. Il développera toutes les synergies possibles entre sa nouvelle filiale et ses régies publicitaires et commerciales afin d’accélérer encore le développement de Red Pharma en termes de services offerts, de clientèle servie et de couverture géographique »

Vous avez bien lu : La mise à disposition de Red Pharma de l’ensemble de ses forces média et de communication : cela inclut le quotidien Le Soir mais aussi les titres de Sud Presse : La Meuse, La Nouvelle Gazette mais aussi le Grenz-Echo.

Les synergies ont été totales. Cinq ans après, on retrouve le duo d’actionnaires de référence : Hurbain et Marchant à tous les niveaux du montage relatif à Red Pharma, d’une part et Rossel & Cie, intégrant Le Soir mais aussi les titres cités ci-avant, d’autre part.

Les comptes des entreprises sont consolidés et les deux entreprises partagent la même adresse : Rue Royale, 100 à Bruxelles.

Une promiscuité qui pose question

À l’instar des conflits d’intérêt des experts du gouvernement, cette promiscuité entre une filiale en charge d’actions de marketing d’influence au profit du secteur pharmaceutique et le quotidien belge francophone de référence, pose question.

Au moment où l’obsession vaccinale de nos dirigeants échappe à toute rationalité, compte tenu de l’échec constaté de cette vaccination de masse, Le Soir continue d’être leur fidèle serviteur. Les pouvoirs publics peuvent compter sur les éditoriaux de Beatrice Delvaux pour soutenir envers et contre toute mise en perspective, la vaccination contre le covid.

Cette obstination à persévérer dans la défense de l’indéfendable pose une nouvelle fois question, en regard de ce mélange des genres : presse et pharma.

Serions-nous les seuls à nous poser ces questions ? Les seuls à nous indigner ? Le média business a-t-il renvoyé aux archives, le rôle de 4ième pouvoir qui est la place de la presse dans une démocratie ?

Par Philippe Davister


Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que la responsabilité de l’auteur et ne représentent pas nécessairement celle de BAM!

https://www.md-universal.eu/images/colloque-la-liberte-de-la-presse-au-21e-siecle.pdf

https://www.solidaire.org/articles/et-tout-coup-il-n-y-en-avait-plus-que-deux-le-danger-de-la-concentration-des- médias

http://www.rossel.be/actualites/entree-maj-ritaire-de-rossel-dans-l-a-societe-belge-re-dpharma.html

https://bam.news/tribune/qui-vous-paie-beatrice-delvaux/

Une fois de plus, les médias mainstream allemands poussent leur cri d’alarme au sujet des réseaux sociaux au point d’en avoir la voix rauque : groupes et chats privés, paroles de haines, menaces de mort, manuels d’armes.

Une citoyenne belge a introduit ce 5 janvier 2022 une action judiciaire en cessation contre l’Etat belge auprès du Tribunal de première Instance de Bruxelles, visant Alexander de Croo et Frank Vandenbroucke pour « discrimination et incitation à la discrimination envers la population non vaccinée, voire même inciter à la haine contre elle, n'hésitant pas à la rendre responsable de l'échec de la politique sanitaire ».


Ayant fait le choix de ne pas se vacciner, la plaignante considère qu’elle subit une situation de discrimination par rapport à un critère protégé par les directives européennes et la loi anti-discrimination du 10 mai 2007, à savoir : l’état de santé. C’est « un critère protégé parmi d'autres, plus connus, tels que le genre, la religion, l'appartenance et l'origine… », a rappelé l’avocate de la requérante, Me Wouters, lors de sa conférence de presse .

Environnement humiliant

Elle a ainsi énuméré les formes que prend actuellement cette discrimination à l’égard de la population non-vaccinée : le harcèlement, l’injonction à la discrimination et l’incitation à la haine. « On crée un environnement humiliant et dégradant pour des gens qui ont fait le choix de ne pas se faire vacciner. On invite des tiers à discriminer d’autres personnes qui ont fait le choix de ne pas se vacciner. On pointe du doigt les non-vaccinés comme étant les responsables de la crise sanitaire et des mesures prises », a-t-elle expliqué.

Me Wouters a illustré ses affirmations en énumérant une série de propos à caractère discriminant tenus par les Ministres Alexander De Croo et Franck Vandenbroeck, puis relayés dans la presse et répétés par certains journalistes : « ces propos sont litigieux (...) Ils sont d’autant plus dangereux qu’en raison de la qualité des auteurs, ils sont normalisés et banalisés et largement relayés par la presse, aggravant la polarisation entre les personnes vaccinées et non-vaccinées ».

Un choix encore licite

« Ma cliente n'est pas irresponsable, égoïste ou complotiste. Le choix de ne pas être vacciné est encore licite », a rappelé Me Wouters, « c’est sa liberté et sa responsabilité ». « Outre que la requérante doit en subir un nombre grandissant dans sa vie quotidienne, qui sont autant de discriminations (...), elle ne peut en plus tolérer faire l’objet d’une telle stigmatisation de la part des Autorités publiques dans le choix qu’elle a entendu faire ».

Cette action au Tribunal de Première instance de Bruxelles, à l’instar d’un référé, a pour objet de faire cesser cette discrimination basée sur un critère vaccinal. « Le sujet n’est pas d’être pro ou anti-vaccin et ce n'est pas une plainte mais une action en cessation », a précisé Me Wouters. C’est « une action contre l'État belge, et non pas contre un ministre en particulier ni contre les médias ».

« On est dans un État de droit. Dans une démocratie représentative, chacun doit rester dans ses limites. On ne peut pas tenir des propos insultants, dégradants voire stigmatisants de manière irresponsable. C’est dangereux pour la société » a conclu l’avocate.

Par Thérèse Leblanc, journaliste chez BAM!

https://bam.news/videos/conference-de-presse-action-en-cessation-contre-le-gouvernement-belge-pour-incitation-a-la-haine/

Photo: ©G.Van-Parys

Le codéco du 22 décembre 2021 a fait fort.

Conséquences :

  • La désobéissance civile est au rendez-vous : excellente nouvelle !
  • De nombreux élus locaux appartenant aux partis de la majorité fédérale prennent de la distance par rapport aux décisions du 22 décembre. Enfin !
  • Des opérateurs culturels se révoltent. Des lieux récréatifs (les bowlings) font de même. J’espère que ce n’est qu’un début.
  • Des actions en justice sont annoncées en plus de celles qui sont déjà en cours.

Le JT de ce 27 décembre répercute un communiqué de la coprésidente d’Ecolo : « Cette mesure, isolée, n’est pas cohérente. (…) La démocratie repose aussi sur le droit de questionner des décisions prises par des partenaires de majorité, surtout lorsqu’une décision ne semble pas pertinente ».

Serait-ce un réveil d’Ecolo en la matière ? En effet, Mr Vanden Burre était cité, le 24/12/2021, dans le journal Moustique en ces termes : « Nous devons assumer notre position. Si on vote cette motion, on risque de mettre en péril la coalition, ce n’est pas notre but » .

Cette évolution du propos d’Ecolo pourrait-il faire espérer ? Si lueur d’espoir il y a, sur quoi pourrait-elle porter ?

A propos de faire de la politique autrement :

Vu l’évolution de ces derniers jours, vu la prise de position de Rajae Maouane, se pourrait-il qu’Ecolo revienne à ce credo ? Va-t-il mettre sur la table, avant d’aborder des questions de fond, des questions à propos de comment cette coalition continue de travailler ? Avec quelle éthique ? Quel respect pour la population en général ? Quel respect pour notre État de droit ? Quel respect pour des arguments scientifiques ignorés jusqu’ici ? Il est évident que doit exister le droit de questionner des options politiques portées par d’autres groupes politiques d’une majorité. Ce droit n’est limité nulle part, sauf par la culture politique ambiante.

A propos de rester en lien avec la population civile :

Ecolo a régulièrement rencontré divers interlocuteurs de la société civile afin d’en prendre le pouls. Elu(e)s écologistes et tous les autres élu(e)s, sentez -vous le pouls affolé ou chargé de colère et battant à tout rompre du fait du pilotage politique actuel de la société ? Cela affecte des personnes, des femmes, des hommes, des ados, des enfants, des travailleurs salariés et indépendants, des retraité(e)s.

Aux élu(e)s Ecolo : à quelle écologie politique pourrez-vous encore faire croire si, au nom d’accords de majorités, d’alliances avec des « adverpartenaires » politiques, de consignes de vote, vous continuez d’une manière ou d’une autre à participer à ce raz-de-marée totalitaire ? Jusqu’où irez-vous trop loin et qui fera que trop de citoyens et citoyennes vous diront que la rupture de confiance est trop profonde ? Avec quelles conséquences ? Ces questions valent aussi pour d’autres partis même s’ils ne se réclament pas de l’écologie politique. Il en va de notre démocratie. Quand la Justice se trouve sollicitée à plusieurs reprises (CST : 3 plaintes en cours, les opérateurs culturels via plusieurs plaintes aussi, avec le support de la LDH) pour des mesures relevant toutes de la gestion d’une question particulière (notre situation sanitaire pour le moment), c’est le signe que la manière de gouverner est en souffrance et pose des problèmes. Nommer ces problèmes, les dénoncer, les résoudre relève d’un devoir d’élu(e), tous partis confondus. Manquer à ce devoir a des conséquences gravissimes.

 A propos du vivre ensemble :

Un vivre ensemble qu’Ecolo a longuement porté. C’est une notion retrouvée aussi dans les déclarations du MR, PS, Cdh. Et pourtant

Nombre de propos politiques et médiatiques, dénoncés par ailleurs, stigmatisent des personnes qui font un choix tout à fait légal, celui de la non-vaccination avec les actuels « vaccins » covid. Ainsi, des propos médiatiques et politiques soutiennent la colère des personnes vaccinées à l’égard des personnes non vaccinées, associent ces dernières à des éléments « épidémiques ». Cela porte un nom : celui de l’incitation à la haine. Ceci est punissable par nos lois. Si de tels propos avaient été tenus à l’égard de personnes d’une confession X, d’une orientation genre Y, d’une origine culturelle Z, leurs auteurs auraient été cloués au pilori. Menés à la démission, à fortiori, s’ils avaient occupé des fonctions leur conférant une certaine audience et/ou autorité morale. Dans le cas présent, il ne se passe rien : au mieux, l’un ou l’autre démenti, l’une ou l’autre réserve. Mais, c’est insuffisant et le mal est fait sans être puni tel qu’il devrait l’être.

A propos du circuit court et le plus local possible :

Ce concept pourrait fort bien s’appliquer à la question sanitaire. Il viserait à recréer du lien entre les différents acteurs et bénéficiaires des soins de santé. A ce titre, Ecolo (seul ou avec d’autres élu(e)s d’autres groupes politiques) ne pourrait-il intervenir pour que le site https://www.info-coronavirus.be/fr/suividescontacts cesse d’afficher ce qui suit :

« Des symptômes COVID-19?

  • Restez à la maison.
  • NE contactez PAS votre médecin généraliste, mais utilisez l’outil d’auto-évaluation. S’il apparaît via l’outil que vous avez besoin d’être testé, vous recevrez un code de test via cet outil. Vous pouvez l’utiliser pour prendre rendez-vous dans un centre de test, un laboratoire ou chez un pharmacien. Vous pouvez trouver les pharmacies qui proposent des tests sur une liste. »

Ceci est le premier paragraphe lisible de la page web.
Le mot « médecin » revient encore deux fois dans le texte. Une fois pour les personnes à risques qui, elles, doivent contacter leur médecin. Une troisième fois, en fin de page, pour les personnes contact à bas risque qui, si elles ont des symptômes, sont « invitées » à appeler leur médecin.

Cette communication est pour le moins étrange, voire surréaliste, quand on sait qu’elle est destinée à des personnes souffrantes. C’est un modèle du genre en matière de consignes contradictoires.

Il y a urgence à réparer le lien entre médecin et personnes souffrantes ou non, de covid ou d’autre chose. Suffisamment de praticiens de la médecine ont dénoncé cette politique de mise à l’écart des médecins traitants par rapport à leurs patients. Pourquoi une telle pratique ? À quelles fins ? Parce qu’évidemment, elle n’est pas innocente. Tout cette tuyauterie pousse les personnes dans un circuit intransigeant et très pervers de QRcodisation. Cette mise à l’écart, ne tenterait-elle pas, indirectement et tacitement, à contrôler la circulation, non pas du virus, mais celle du discours du médecin dans le cadre du colloque confidentiel entre ce dernier et son patient ? Les consignes de coronavirus.be ne viseraient-elle pas à éviter qu’un médecin prenne la liberté de parler franc avec son patient ? De lui dire, par exemple, que dans son cas, la vaccination ne s’impose pas ? Et serait-ce pour cela que, conséquemment, pour renforcer l’écartement du médecin traitant, une prise de sang, acte médical hautement fiable, prescriptible et/ou réalisable par un tel médecin, pour attester d’un rétablissement de l’infection covid est écartée des voies admises pour accéder au « sésame » (le CST) ?

Politiquement, en tant qu’élu(e)s Ecolo et autres couleurs politiques, ne serait-il pas légitime que, à tout le moins, vous dénonciez cette forme de dirigisme sanitaire, voire que vous réclamiez la modification de cette consigne pour à nouveau inviter les personnes à renouer avec leur médecin traitant ? Pour permettre à nouveau du soin humain, local, de confiance.

A propos d’une société inclusive :

Ecolo mentionne dans ses programmes vouloir lutter contre la fracture sociale, numérique. Mais cela se retrouve aussi dans des communications du PS, MR, Cdh …

Comment cela peut-il se combiner avec le pilotage hautement numérique de la population tel qu’effectué durant ces derniers mois dans le cadre de la gestion « sanitaire » : un test à faire, un QR code à obtenir, générer un code TCPC, etc. ?

Mesdames, Messieurs les élu(e)s, imaginez-vous le désarroi de certaines nombreuses personnes qui se retrouvent devant des écrans (pour autant qu’elles en aient), devant des explications dont elles ne comprennent souvent pas les termes, pendues au téléphone pendant de longues minutes d’attente avant de recevoir une réponse qui ne correspond peut-être pas à celle(s) reçue(s) lors de contacts pris précédemment sur la même question ? Vous direz qu’il y a des « alternatives papier » pour les personnes ne disposant ni d’un PC, ni d’une imprimante pour imprimer le QR code, ni d’un smartphone pour présenter son écran sous le rayon d’un lecteur de code. Certes, c’est un argument factuel mais Ô combien cynique. Avez-vous conscience du niveau démultiplié de difficultés, d’obstacles que cela représente pour gérer un parcours qui est déjà celui du combattant ? Ce parcours est celui de nombreuses personnes isolées, déshumanisées et nombreuses à être des femmes. Qui a fait une analyse genrée des dégâts encourus par la gestion de cet épisode sanitaire que traverse notre pays ? Qui oserait ?

N’y-a-t-il pas urgence à prendre du recul à l’égard de ces processus hyper numérisants ? Savez-vous que des collectifs de travailleurs sociaux de terrain se mobilisent, dénoncent cette virtualisation effrénée de services qui devraient rester proches du citoyen.

Avez-vous pris connaissance de cette carte blanche :

https://www.lalibre.be/debats/opinions/2021/10/25/le-numerique-laisse-de-cote-une-partie-trop-importante-de-la-population-4N3N6R53EJHTNMHE4HKAPCKSKE/

De cet interview :

https://bx1.be/categories/news/les-travailleurs-sociaux-ne-sont-pas-les-helpdesks-des-autres-services/

Si oui, que pouvez-vous annoncer pour remédier à cette situation, rendre aux services publics l’accueil de l’usager qui n’aurait jamais dû être remis en cause, et qui ajoute de la difficulté là où de nombreuses personnes en rencontrent déjà énormément ? Elu(e)s Ecolo et les autres, qu’avez-vous répondu ou à répondre à ce professionnel (assistant social) interviewé ?

A propos de la lutte contre toute forme de discrimination :

Qui aurait imaginé début 2020, qu’on mettrait en place, 18 mois plus tard, le CST, tant décrié, que l’on connaît ? Dispositif renversant d’injustice, de discrimination. Imaginez-vous que, parmi ces personnes que l’on traite aujourd’hui d’égoïstes du fait de leur non vaccination, il y en ait qui, en 2020, s’étaient inscrites dans l’une ou l’autre organisation de soutien aux personnes isolées pour faire leurs courses par exemple ?

Des personnes qui se retrouvent, du fait de ce choix légal (loi du 22 août 2002) donné à tout patient (que nous sommes toutes et tous), interdites de cinéma, de restaurants, de théâtre, de visite à une personne résidente en MRS sauf à supporter des démarches et des dépenses supplémentaires pour accéder à une vie culturelle, récréative ou simplement entretenir des liens familiaux. Sans parler des professionnel(le)s du secteur des soins au sens large pour lesquels s’ajoute la pression du risque de perte du droit de travailler et de percevoir le salaire dû en vertu du contrat de travail signé.

Un article publié fin novembre :

https://www.lalibre.be/belgique/politique-belge/2021/11/23/un-depute-ecolo-laffirme-on-peut-clairement-enterrer-le-cst-ITQVBEBMLBD5NIE7VXVNOC6H3Q/

Petit sparadrap : sans qu’il soit question de son caractère honteusement discriminant, il y a reconnaissance de l’inefficacité du CST. Mais, à la phrase suivante de l’article, voilà le sparadrap violemment arraché : difficulté politique de le retirer.

A Ecolo : est-ce cela, « faire de la politique autrement » ?
A tout(e)s les élu(e)s : quelle est l’argument qui peut défendre un tel propos sans être intellectuellement, citoyennement malhonnête ? Comment par ailleurs comprendre que le gouvernement wallon, malgré ce constat d’échec, soit allé en appel du jugement déclarant l’illégalité de ce qui est très techniquement nommé « outil », preuve supplémentaire de sa démarche de déshumanisation ?

Rendus là où nous sommes, seule la Justice reste une perspective en matière de rétablissement du Droit. Ce qui, pour un État dit de Droit, représente un grave problème quant à la confiance que l’on peut accorder aux gouvernants.

A propos de la préservation de nos services publics, dont les soins de santé :

Ce dont Ecolo s’est toujours proclamé le défenseur. Le PS y fait référence aussi dans son programme.

Les structures de soins de santé sont en grave crise. Ce n’est pas nouveau. Et cela date de bien avant cet épisode pandémique. Cette situation est le résultat d’un processus de définancement régulier, de politiques de fusions, d’économies d’échelle. De nombreux partis politiques portent une lourde responsabilité dans cet état de fait. Les professionnels du soin ont déjà, à de multiples reprises, tiré la sonnette d’alarme à propos de l’état de dégradation des services hospitaliers publics. Ecolo (et d’autres partis) ne nie pas cette situation ? Voilà donc une analyse à laquelle je peux souscrire. Mais alors, quant à justifier, que pour préserver ce qu’il reste des structures de soins affaiblies, il faut que les citoyens se fassent vacciner, par les produits que l’on sait (ou que l’on ne sait pas …), pour éviter l’effondrement des dites structures. Il y a là un franchissement de Rubicon qui me plonge dans des abîmes de consternation. Et si on osait un parallélisme : celui avec l’état de notre Justice ?

Rappelez-vous, c’était en 2016 :
https://www.rtbf.be/info/dossier/les-decodeurs/detail_le-plus-haut-magistrat-du-pays-a-le-sentiment-que-la-loi-n-est-plus-respectee?id=9298612

Malheureusement, en septembre 2021, les choses ne semblent pas avoir évolué favorablement

https://www.maisonmedicale.org/Le-sous-financement-de-la-justice.html

Donc, clairement, la Justice de notre pays est aussi affaiblie et cela a l’effet suivant :

« Incontestablement, la réforme entamée par Koen Geens, ministre de la Justice dans le précédent gouvernement, est un succès étant donné qu’elle s’est traduite par une baisse du nombre de nouvelles demandes en justice et de désignations d’avocats pro deo d’environ 30 %. » 

Voilà donc, que, tout comme les soins de santé, notre justice est peu à peu vidée de son sang et que les dispositions prises obtiennent pour résultat… tiens, tiens, …qu’on y fait moins appel ! À quand le moment, où pour une raison X, Y ou Z, nos gouvernants décideront que pour préserver la Justice d’une implosion créée par le politique, tel ou tel problème, conflit ne pourra plus être porté par le justiciable devant les tribunaux ? Inacceptable direz-vous ? Nous sommes bien d’accord. Ce qui relève de cette politique de vaccination à tout-va pour préserver les structures de soins hospitaliers s’inscrit dans la même logique et est un argument irrecevable. Irrecevabilité à laquelle s’ajoute les culpabilisations abjectes à l’égard des professionnels du soins et des citoyens qui ne veulent pas subir l’injection « covidienne ». Sans oublier, qu’au début de la vaccination, le discours portait sur l’aspect réduction des formes graves des suites de l’infection covid. Il s’agissait de « protéger » les plus fragiles de l’équipe de 11 millions. On peut dire que le discours des gouvernants a le sens de la bifurcation !

En conclusion pour ce point : élu(e)s d’Ecolo et d’autres partis, vous avez mon soutien pour toutes les batailles que vous avez livrées et livrerez encore en faveur du refinancement des services hospitaliers publics. Cette option rendrait caduque une partie de l’argumentaire en faveur d’une vaccination forcenée, argumentaire dont la logique n’est par ailleurs pas acceptable.

A propos de l’approche santé :

Ecolo formulait les propositions suivantes :

« Renforcer la promotion de la santé… » ; « …rôle central attribué au médecin de famille », ; « Faire évoluer les études médicales et paramédicales vers des Écoles de santé qui organisent la multidisciplinarité des métiers de la santé… » [2]

Où sont, ne fût-ce que sous formes de traces, ces propositions dans la manière dont les santés individuelles sont abordées aujourd’hui par rapport à l’infection au covid-19 ?

A cet égard, suite à une réunion interne à Ecolo, quelle bonne surprise d’entendre qu’un certain nombre de membres ou sympathisant(e)s Ecolo ont soulevé les pistes de la prévention (vitamines C, D et Zinc) et de la mise en œuvre de traitements précoces face aux infections covid (ceci restant valable pour toute formes de maladies). Cette deuxième approche, celle du soin précoce, réduit sensiblement le développement de formes graves de maladies, ce qui contribue à réduire le nombre d’hospitalisations et donc la pression sur les hôpitaux et le personnel de soins. Ceci rendrait aussi à l’art de soigner toute sa diversité. Un soin précoce pour l’un(e) n’étant pas forcément celui qui conviendra pour un(e) autre patient(e).

Fort(e)s de la déclaration de la coprésidente d’Ecolo, tou(te)s les élu(e)s écologistes ne pourraient-ils se mettre en marche, avec d’autres élu(e)s peut-être, pour exiger que la vaccination (sur base volontaire uniquement, libérée de toute forme de mesure carotte ou bâton selon le choix fait) devienne une approche associée à au moins deux autres : celle de la prévention et celle du soin précoce ? Ce serait là une belle mise en application du questionnement de mesures édictées par un ou des « partadversaire(s) » et de cette pratique mono-méthodiste du « tout le monde vacciné ».

Et si les élu(e)s exigeaient la mise en route de capsules radio, TV quotidiennes insistant sur la prise des vitamines et zinc précités ? Une politique de prévention santé qui ne coûterait que bien peu en regard du coût des tests PCR.

Et si … (la liste pourrait être longue) ?

A propos de l’éthique de gouvernance, du débat ouvert :

Ecolo fut très porteur de ces aspects. M. Maron, durant son mandat de député à la Région bruxelloise, a fait un travail important à propos du dossier du Samu Social. Tout ceci touchait d’une manière ou d’une autre à de l’éthique.

Fin 2021 : quasi toujours les mêmes experts depuis presque 2 ans. Des conflits d’intérêt questionnés. Et encore les mêmes recettes faites d’un peu plus ou d’un peu moins de quelques ingrédients épicés pour l’essentiel par du coercitif, de la volonté de « contrôle » de ce virus, sachant que ce contrôle est un leurre. En revanche, pour ce qui concerne le contrôle des citoyens et citoyennes, on est passé au grand format.

Notre pays est-il si pauvre en expert(e)s, personnes ressources, libres de tout conflit d’intérêt, pour que nos gouvernants en restent fixés à ceux qui furent désignés dès le début de la crise ? La réponse est non. De nombreuses voix (de plus en plus nombreuses) tentent de se faire entendre pour développer d’autres arguments, proposer d’autres approches. Mais il n’y a de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Ces voix et voies restent confinées dans une certaine forme de « confidentialité ». Seraient-elles dérangeantes ? Pour qui ?

À quand un débat parlementaire, public, retransmis via internet, invitant de nombreux spécialistes en diverses disciplines, des praticiens de terrain qui pourraient partager toute l’expérience et la connaissance acquises qui semblent faire toujours défaut auprès de nos gouvernants et/ou de « leurs experts » ? De sorte que chaque décision qui serait prise pourrait être argumentée, documentée, expliquée et articulée par rapport à toutes les autres qui seraient prises ou écartées. Ce dont nous sommes très loin pour le moment. Dans l’émission QR (RTBF) du 15 décembre, la question était posée de savoir s’il y avait trop ou trop peu de mesures sanitaires prises. La question ne devrait-elle pas plutôt porter sur la nature, la qualité des mesures ? Pour ce qui est de la quantité, on s’y perd !

Dans un autre domaine et non des moindres, celui de la presse : certains médias et journalistes sont écartés, dénigrés, exposés au risque de perdre leurs moyens de travailler, accusés de « complotisme » sans que cette accusation ne soit expliquée, argumentée. Le seul fait qu’elle soit formulée semble suffire à lui donner un statut de vérité. Ces graves atteintes à la liberté de la presse mériteraient des prises de position et des condamnations intransigeantes. Au nom de la liberté d’expression que tous les partis démocratiques doivent faire appliquer sans concession aucune.

In fine,

L’aboutissement du codeco de ce 22 décembre est une caricature du processus de gestion retenu jusqu’ici. Il relève de l’aléatoire, de l’infondé, de l’arbitraire. Ceci est destructeur à plus d’un titre.

Cela anéantit le principe du fondement de la mesure, de la Loi, de l’Arrêté Ministériel, du Décret, de l’Ordonnance, bref de tout dispositif qui donne le cadre.

Est-ce que notre état, déjà qualifié d’état voyou, pourrait l’être d’état devenu fou ? Au sens que chacun(e) peut s’attendre à tout et n’importe quoi comme option politique, plus rien n’étant basé sur une démarche d’analyse étayée, de logique rationnelle. En matière de maltraitance d’une population, on fait difficilement pire.

J’espère que cette déclaration de la coprésidente d’Ecolo augure d’un retour à cette vigilance éthique qui ne peut faire l’objet d’aucun compromis, d’une mise en route du débat multidisciplinaire dont la publicité, la lecture, l’analyse et la critique doivent être assurées, notamment, par une presse diversifiée, qu’elle soit critique ou non à l’égard des choix politiques opérés.

En cette période chahutée, j’appelle de tous mes vœux une nouvelle … contagion ! Celle d’une pratique politique assainie dont Ecolo fut précédemment le grand défenseur. S’il l’est resté, il faut que ça se voie, que ça se sache. Il ne peut pas être le seul à s’engager dans cette indispensable voie.

Les choses sont difficiles pour tou(te)s les élus. Elles le sont aussi pour les citoyens et citoyennes. Beaucoup de personnes vacillent, ne vous comprennent plus, ont même parfois peur de vous, élu(e)s, écologistes notamment, ont peur de vos décisions. Pensez-vous que cela soit le signe d’un exercice sain du pouvoir ? Poser la question, c’est y répondre. Le remède doit suivre.

Par Laurence Vandeputte, ancienne élue Ecolo démissionnaire


Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que la responsabilité de l’auteur et ne représentent pas nécessairement celle de BAM!

Source photo:
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https://www.moustique.be/actu/belgique/2021/12/24/ecolo-veut-changer-la-methode-codeco-221522

https://ecolo.be/idees/proteger-le-climat-et-la-qualite-de-vie/sante/


Laurence Vandeputte

BIO : Membre de la génération "sandwiche" (génération comprise entre les parents âgés d'une part et la génération des enfants adultes avec enfants notamment, d'autre part), membre du réseau bruxellois des "maîtres-composteurs", engagée activement au sein d'Ecolo depuis une vingtaine d'années - conseillère communale élue en 2018, démissionnaire. Professionnellement : chargée de projets en Éducation Permanente. Participante active au sein du Quartier Durable de son quartier. Citoyenne très fâchée, atterrée, effrayée par la manière dont notre société est gouvernée, particulièrement depuis ces derniers mois (mais pas que ...).

On ne peut rester insensible à l’attitude de Novak Jokovic dans son combat pour remporter un nouveau Grand Chelem à l’open d’Australie. C’est l’un des trois joueurs légendaires du tennis mondial. Actif sur le circuit depuis 2003, c’est l’un des sportifs les mieux payés au monde. Certains considèrent qu’il crache dans la soupe. Prenons un peu de hauteur dans le monde du tennis dans lequel il s’est investi comme président des joueurs.

 
À la fin de mon article du 4 octobre 2021 intitulé Sars-Cov-2 saison 4 : End Game, je terminais mon texte en évoquant le biais cognitif du cygne noir et je concluais en écrivant que «seul un événement d'envergure qui ne relèverait pas du "signe", mais bien d'un "cygne noir" serait de nature à renverser le cours des choses. »

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