"Vaccination : traverser le mur de propagande"

Liberté & démocratie
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Un collectif de résistants bruxellois a récemment lancé une campagne d’information “low-tech” pour permettre à la population d’exprimer un choix éclairé devant la possibilité de se faire vacciner contre le covid. Le consentement éclairé est inscrit dans la législation belge [1], mais sur le terrain, les campagnes médiatiques, politiques et médicales qui ont jalonné la crise covid l’ont bafoué

« On voulait informer sur les vaccins, rester neutre, et poser des questions. On a déjà eu deux années très alarmistes, de peur et d’exagération. Ici, l’idée était de traverser le mur de propagande et de rejoindre le citoyen ». Ce petit groupe de Bruxellois soucieux de partager « un autre son de cloche »sur la campagne (mondiale) de vaccination contre le covid a récemment lancé une première initiative dans ce sens. Comment ? Avec un site internet  [2]- imitant le site officiel Jemevaccine.be - et surtout deux flyers, tous titrés par l’interrogation « Est-ce que je me vaccine ? »« On s’est rendu compte que sur Internet on reste toujours dans le même circuit, et on finit par prêcher aux convertis... On voulait toucher le grand public. Or, tout est filtré dans les médias classiques. Finalement, les boîtes aux lettres restent encore le moyen le plus simple ».

Par et pour des vaccinés et non vaccinés

Parmi les auteurs de cette initiative citoyenne, des vaccinés qui s’interrogent : « Ce n’est pas une question de vax contre les non-vax, c’est un mouvement de résistance qui veut fédérer les deux et refuse de tomber dans le piège des dérives totalitaires ».

Début 2022, tandis que les instances politiques, relayées par les médias, invitaient les citoyens à prendre leur troisième dose (le fameux « booster »), 200 000 flyersont ainsi été imprimés sur fonds propres, à destination des foyers bruxellois. Pour les distribuer dans les boîtes aux lettres, une cinquantaine de personnes se sont portées volontaires.

Retours

Quant aux réactions, « certains nous ont traités d’égoïstes, de salauds, d’antivax, et d’autres disaient tout le contraire...ça nous a permis aussi de faire de chouettes rencontres, comme dans ce parc où j’ai sympathisé avec une femme. Elle m’a dit, j’ai quelque chose à vous montrer, vous devez lire ça ! Elle a sorti notre flyer de sa poche. Le lendemain, je lui en ai apporté 1 500 qu’elle a elle-même distribués », raconte un instigateur. « Il y a même une taupe qui a investi l’équipe », ajoute un autre.

Le rôle des médias

« Je trouve ça aberrant et triste qu’on doive faire cela, amener les gens à réfléchir sur le bien-fondé du vaccin, et que le vrai débat soit totalement absent des médiasmainstream. Il n’y a aucune remise en question dans les grands médias comme la RTBF, qui a d’ailleurs fait un long article sur nous [3][3]… c'est pareil à l’étranger. Il y a quelques jours, la BBC comparait les antivax aux gens qui croient que la Terre est plate », se lamente un des membres du collectif.

Comme sous l’occupation

Et de conclure, désolé : « Ce genre d’initiative c’est comme si on était sous l’occupation. Il n’y a pas d’autres possibilités de dire la vérité, on est obligé de passer par là pour faire entendre le débat ». L’AVIQ, agence de la santé wallonne, a d’ailleurs décidé de porter plainte [4]contre les auteurs du site. “Mais ils ne l'ont jamais fait. C'était surtout une intimidation de leur part. Nous n’avons commis aucune infraction par rapport au copyright ou aux propos tenus”.

Par Thérèse Leblanc, journaliste chez BAM!


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