Après l’audition des trente deux experts désignés par la Commission Santé, le débat sur l’obligation vaccinale se poursuit au Parlement. Si les circonstances compromettent l’entrée en vigueur d’une obligation vaccinale à court terme, il est possible que certains politiques tentent de se donner les moyens de rendre obligatoire un vaccin “en cas d’urgence”.

Que ce soit d’une manière directe, grâce à des recherches liées à la pandémie, ou indirecte, via des experts gouvernementaux issus de ses rangs, la KUL (Katholieke Universiteit Leuven) est devenue un acteur incontournable de la crise sanitaire. Outre leurs rôles influents au sein des instances gouvernementales, des experts comme Marc Van Ranst ou Emmanuel André ont fortement influencé la perception de la population sur la pandémie grâce à une utilisation intensive des médias et des réseaux sociaux. Après son article sur les experts parlementaires[1], BAM! poursuit ses investigations sur les financements privés dont bénéficie la KUL.

La Wallonie a adopté, début février, sa loi pandémie. À l’avenir, pour toute autre situation d’urgence épidémique – dont la définition reste vague - , le gouvernement pourra ainsi intervenir avec une plus grande autonomie. Certains dénoncent le caractère antidémocratique de cette loi.

Contrairement à de nombreux pays qui ont choisi la levée des mesures sanitaires, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a décidé d’activer la loi sur les mesures d’urgence pour réprimer les manifestations pacifiques [1], une première dans l'histoire du Canada. Cette loi permet notamment aux institutions financières de bloquer les comptes bancaires des contrevenants. Le gouvernement prétend répondre de façon proportionnée à une menace grave pour la sécurité du Canada. De nombreuses voix s’interrogent toutefois sur son bien-fondé.


La loi sur les mesures d'urgence donnerait au gouvernement fédéral des pouvoirs temporaires pour gérer les blocages et les manifestations en cours depuis fin janvier contre les restrictions consécutives à la crise covid.

Elle a remplacé la loi martiale dans les années 1980, et définit une urgence nationale comme une « situation urgente et critique » temporaire qui « met gravement en danger la vie, la santé ou la sécurité des Canadiens et dont les proportions ou la nature dépassent la capacité ou l'autorité d'une province pour y faire face ».

Ce n’est pas gagné

L’opposition a critiqué la décision du Premier ministre et a plutôt conseillé de céder à la pression populaire au lieu de continuer à diviser le pays, voire de provoquer l’escalade de la révolte. Certains juristes s’interrogent même sur la légalité de l’activation de cette loi, alors que la situation ne réunit pas les critères légaux pour le faire.

Par Nicolas Mertens, journaliste chez BAM!


Source:
https://www.cbc.ca/news/politics/trudeau-premiers-cabinet-1.6350734

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