Tribune

PANDEMIA BLUES

PANDEMIA BLUES

L'humour et la poésie peuvent-il être un traitement précoce?
Hippolyte Wouters, avocat et homme de lettre, nous livre son sentiment en Alexandrins et lève son "vers" à notre santé.

Il était une fois un tout petit virus
Né en laboratoire au fin fond de la Chine
Et qui manipulé par un Diafoirus
Devant sa cruauté se cabre et se mutine;
Il va se réfugier chez un vieux pangolin:
Il y dort comme un loir et y mange à sa faim
Sauf que le pangolin va se faire acheter
Et se faire manger par-dessus...le marché!
«Petit virus deviendra grand
Car dieu sait qui lui prêta vie!»
Et c’est ainsi que par un très curieux mystère
Notre très grand virus fait le tour de la terre.
Comprenne qui pourra! Ne cherchons pas trop loin…
Reconnaissons qu’on a déjà douté pour moins!
Corona -c’est son nom- d’emblée fait des ravages
Il est surtout fatal à ceux du troisième âge.
C’est un affolement: l’ensemble des ministres
Paraissent tout perdus face à un tel sinistre;
On aurait cru qu’Ubu et Kafka réunis
Avaient dicté leur loi au peuple démuni.
Avait-on oublié que certains précédents
Pouvaient laisser prévoir de tels événements?
Et qu’au lieu de clamer «Que voulez-vous qu’on fasse»?
On eût eu les moyens de mieux y faire face.
On prit des décisions, en vrac, à toute allure,
En dictant par décret un grand train de mesures:
Confinement, distance, et ni fêtes, ni frasques
Quelques gestes «barrière» et surtout pas de masques!!!
Cet ordre paraissait tout à fait judicieux
Car pour désobéir on en avait trop peu!
C’est alors que l’on vit débouler les experts
De diplômes bardés et de titre couverts.
Le premier disait noir, le second disait blanc,
Ce qui a priori n’était pas très…grisant.
Mais qu’importe après tout d’être contradictoire
Si on peut s’exprimer sur un ton péremptoire!
Et pendant ce temps-là, des gens pleins d’énergie
Se tuaient à sauver un maximum de vies!
Matin, jour, soir et nuit, ils étaient fort nombreux
Et tous montraient un cœur superbe et généreux!
Enfin on imposa le port du masque en ville
En ayant oublié qu’il était inutile!
Puis ce furent les tests qui allaient nous manquer:
Nous réduisant à vivre en n’étant pas fixés.
On distillait les test, disons au «compte-goutte»
A tous ceux qui voulaient savoir «couac» qu’il en coûte,
Leur fiabilité étant assez variable
Et leur validité n’étant que peu durable

Enfin le Corona prit deux mois de vacances
Nous accordant ainsi quelque temps d’espérance.
On reprit de concert voyages, mer ou drague
En craignant vaguement une seconde vague.
Eh oui! Elle revint comme c’était prévu,
Et même un peu plus fort que l’on ne l’aurait cru;
Cette fois c’était sûr, car fort de l’expérience,
Notre gouvernement allait saisir sa chance,
Eviter les écueils, surmonter les obstacles
Et se montrer fin prêt! C’était croire au miracle…
Mais de miracle point…Et comme par hasard
On s’est tous retrouvés à la case départ.
Ukases mous, confinements à l’aveuglette
Et d’autres décisions prises à la sauvette.
Notre gouvernement fixait ses propres lois,
En donnant l’impression d’un grand n’importe quoi!
Oubliant, je ne sais ni pourquoi ni comment
Qu’en principe une loi s’adopte au Parlement!
Parlementant lui-même en de vaines séances
Sur la nécessité d’une loi dans «l’urgence»!!! ( sic)

Je me demande aussi par quelle «distraction»
On ne se pencha pas sur d’autres solutions:
Vitamines C ,D , zinc ou du scutea
Vous cuirassant fort bien contre le Corona.
Jamais je n’entendis en radio, en télé
Un ministre, un savant, prêt à nous en parler!
C’eût été un conseil, ma foi, fort judicieux,
Sans le moindre danger et fort peu onéreux.
Peut-être aurait-on pu sauver beaucoup de vies,
Eviter des malheurs et des péripéties.
Mais manifestement on préférait entendre
Les tenants de vaccins qui se faisaient attendre.
Quand on les vit venir ce fut une victoire!
Quand il fallut agir ce fut la grande foire!

Des-astra Zeneka, Pfizer et Moderna,
Mieux vaut tard que jamais: Enfin ils étaient là!
Mais les choses ne sont pas toujours ce qu’on espère…
On se mit à parler des effets secondaires.
Soit c’était un vaccin dont on n’avait que faire
Et il restait planqué au fond d’un frigidaire,
Soit il était l’objet d’un tel engouement
Que les patients devaient l’attendre... patiemment!
On nous ôta dès lors le choix des décisions:
On prit donc sur commande et sans dégustation…!
Un vaccin interdit aux plus de soixante ans,
Finit par leur échoir, et exclusivement!
Un chat n’y aurait pas retrouvé ses petits:
Il faut bien l’avouer c’était très mal parti!
Pour le dire en deux mots et pour me résumer,
On ne savait plus à quel vaccin se vouer!
Il avait toutefois le mérite majeur
De permettre au public de ne plus avoir peur;
A tort ou à raison, l’avenir le dira.
Les morts n’en auront cure et qui vivra verra,!
Il est vrai que l’espoir dont on est habité
Est un bon coup de pouce à nos immunités…

Voilà très franchement ce que j’ai sur le cœur.
Je sais que bien des gens ont vécu des horreurs,
Mais à tous ces gens-là il importe de dire
Que de tous ses tracas il faut pouvoir sourire.
Dites-vous que l’humour est bien l’arme suprême
Faite pour protéger soi-même et ceux qu’on aime!


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Rêver et espérer sont de très beaux instants
L’espoir est un bonheur qui s’en cherche un plus grand.

Hippolyte Wouters