Le scénario et l’Histoire

©Philippe Graton

Tribune
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Est-ce une déformation professionnelle ? Le métier de scénariste permet de décortiquer la trame d’un récit, de savoir comment détourner l’attention du lecteur. Une méthode qui permet d’obtenir, à la fin de l’histoire, l’exclamation : « Oh ! C’était donc ça !? ». Technique narrative qui saute aux yeux dans la crise sanitaire actuelle.


Dans le récit qui nous est fait de la crise sanitaire, les exagérations, les falsifications et les rebondissements se succèdent depuis deux ans comme dans un bon thriller. Est-il aujourd’hui permis de prendre un peu de hauteur, et d’identifier ce qui est évident et incontestable ? Comme dans tout scénario, il existe des enjeux cachés et des personnages obscurs.

Le premier objectif de ceux-là fut de vendre des milliards de vaccins à 20€ la dose en moyenne ; vaccins qui, nous le constatons aujourd’hui, sont loin d’avoir l’efficacité annoncée. Mais si l’histoire se résumait à une escroquerie, il n’y aurait rien d’autre à comprendre. Or, un fait est plus que troublant : plus l’épidémie diminue en mortalité, plus la menace s’éloigne, et plus la pression vaccinale augmente, de façon parfois hystérique, comme en France avec l’imposition du passe vaccinal. La "guerre" chère au président Macron est finie, on pourrait lever la loi martiale, pourtant, à l’inverse, on la renforce. Qu’est-ce que cela cache ? Un deuxième objectif qui serait, comme souvent, le principal, mais qui avancerait masqué. Celui d’installer, via le passe vaccinal, l’identité digitale portée en permanence, véritable changement de société qui permettra surveillance généralisée et contrôle inacceptable de nos faits et gestes.

Arrêtons de nous écharper sur les questions des masques ou des vaccins, de diviser le pays et de dresser vaccinés contre non-vaccinés. Car, trop occupé à cette querelle, chacun de nous normalise le port de l’identité numérique dans son téléphone, acceptant le contrôle de nos accès à une multitude de lieux (restaurants, salles de sport, gares, aéroports, lieux de culture, maisons de retraites, etc.). Contrôle qui, grâce aux 4G et 5G en cours d’installation, deviendra automatique et systématique, ouvrant le marché des objets connectés, très juteux pour certains, très intéressant pour d’autres. Car ce système permettra aux États de "désactiver" tout citoyen qui contreviendrait à n’importe quelle règle existante ou à venir (ne pas s’injecter sa xième dose de rappel, rouler trop vite, être en retard de paiement de ses amendes ou impôts, participer à des manifestations ou des actions mal vues, fréquenter certains sites, voire, comme c’est déjà le cas en Chine, déjeuner avec des citoyens mal notés). Pour les États, le rêve ! Pour nous, le cauchemar.

Ceux qui pensent qu’il est déjà trop tard, qu’à quoi bon, que nous sommes déjà surveillés, ne mesurent pas la montagne de différence entre la possibilité de traçage sommaire qu’offrent aujourd’hui nos téléphones, et la précision de la surveillance qui s’installe, le croisement et la conservation de toutes ces données ad vitam comme le dénonçait déjà Edward Snowden dans son livre très pertinemment intitulé Permanent Record .

L’étape suivante du contrôle de nos vies, à savoir la suppression de l’argent liquide, est déjà bien amorcée —mais une chose à la fois. On connaît désormais la recette de la cuisson de la grenouille : on ne la jette pas dans l’eau bouillante, elle s’en échapperait ! On la laisse dans l’eau froide et l’on monte la température petit à petit. Quand ça lui devient insupportable, il est trop tard, elle est cuite.

C’est ici que notre histoire prend un grand H. Regardons les jours que nous sommes en train de vivre à l’échelle de l’Histoire. Cela veut dire comprendre le sens de ce qui se joue aujourd’hui. Quel aura été notre rôle dans ce basculement, qu’aurons-nous fait, laissé faire ou empêché, qu’est-ce que l’Histoire retiendra de nous ? Ma conviction est qu’il est temps, même pour les plus raisonnables d’entre nous, de refuser ce changement qui nous est imposé par des personnes dont la préoccupation n’est nullement la santé publique. Il est l’heure de s’opposer, de dire non, à moins de s’accepter grenouille.

Par Philippe Graton


Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que la responsabilité de l’auteur et ne représentent pas nécessairement celle de BAM!

https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9moires_vives_(livre)