Aujourd’hui marque l’aube d'une révolution.

Il ne peut en être autrement. Comment pourrait-il d'ailleurs en être autrement ? On touche à nos enfants, on leur impose notre folie d'adultes. On… Ils souhaitent que nous soyons de bons citoyens bien dociles et continuions à ne rien dire, à ne rien faire si ce n'est continuer à acquiescer sans mot dire.
Aujourd’hui, il n’est plus question de vaccinés ou de non-vaccinés, de pro-vaxx ou d’anti-vaxx, de moutons ou d’éveillés… Ces termes sont derrière nous, doivent être oubliés pour nous permettre de n’être que NOUS, le peuple, les assistés, les moins que rien… Nous devons nous lever pour rendre la liberté à nos enfants. Et je ne parle pas de liberté individuelle, de ne pas être obligé de porter le masque, de se faire vacciner. Je vous parle de LA liberté, celle du choix réfléchi, du « bon père de famille », du choix conscient. La peur ne peut plus être le moteur de nos vies, plus aujourd’hui, ils touchent à nos enfants BORDEL !!!!
Aujourd’hui, il est devenu impératif de ne faire qu’un et de faire gronder notre colère d’une seule voix.
Aujourd’hui, je vous invite à faire comme moi et à vous lever enfin, pas simplement par les mots, pas simplement avec un commentaire sur une publication, ni avec un retweet mais bien en sortant de votre zone de confort. Je suis le premier qui râle à distance sans vraiment participer. Écrire derrière mon écran, dans la chaleur de mon foyer est confortable, facile. Aujourd’hui, je me lève et je participe parce qu’on touche à mes enfants. Je ne serai pas le complice de cette folie, je ne le peux plus.
Aujourd’hui, je ne sais pas ce que je vais faire, je ne sais pas comment, je ne sais rien encore, par contre, je fais, je ne resterai plus derrière mon écran à râler sur les décisions ineptes et les discours sans fond de ces décideurs qui ne sont pas les miens. Il n’est plus possible de rester assis et les écouter nous dicter une conduite qu’ils n’adoptent pas pour eux-mêmes. Et ne me dites pas que je complote, les images l’ont prouvé à moult reprises. Je vous le rappelle, aujourd’hui, ils touchent à nos enfants.
N’oubliez pas que pour nous, adultes, les choses sérieuses ont commencé avec le masque obligatoire avant d’en arriver à la vaccination. Vaccination qui ne fonctionne pas, je vous renvoie aux déclarations de notre Premier ministre, qui l’a reconnu lors d’un des derniers Codeco : « Le vaccin fonctionne mais nous faisons face à un nouveau virus, le Covid 21, mais le vaccin fonctionne… » ou encore, hier, en séance à la Chambre où il a déclaré qu’ils pensaient (les membres du gouvernement et autres « experts ») que le vaccin sortirait la Belgique de la tourmente mais que non, en fait… Je vous rappelle aussi que depuis des années, les hôpitaux se font piller tout à la fois en argent, en lits ou en personnel et que ce n’est pas le peuple qui est responsable de ces faits.
Aujourd’hui, nous devons nous lever pour que nos enfants puissent à nouveau revoir des visages souriants, pour qu’ils puissent apprendre librement, sans freins et sans barrières, pour qu’ils aient toujours accès à la culture, à la nature, à la vie tout simplement. Parce que, attention SPOILER ALERT, la mort fait partie intégrante de la vie. Ne dit-on pas que l'on ne peut connaître la lumière que par l’obscurité ? Le miel serait-il aussi doux sans le vinaigre ? L’Amour aurait-il la même valeur sans la haine ? Ne pourrions-nous pas penser simplement que la vie éternelle est le passage de relais entre nous, parents et eux, nos enfants ? Enfants qu’ils veulent masquer et à qui ils veulent toucher aujourd’hui…
Non, ce n’est juste pas possible qu’ils y touchent, ils ne le peuvent pas, nous ne devons pas leur en donner le droit, c’est une obligation qui nous a été conférée le jour où ils sont nés. Nous avons l’obligation de prendre soin d’eux, de les chérir et de les protéger de la folie des autres et encore plus quand ces autres nous gouvernent.
Aujourd’hui, nous devons prendre conscience que nous avons accepté, ensemble bien que séparés par une condition vaccinale, que nous sommes responsables de ce qui arrivera à nos enfants si nous restons dans l'inaction. Nous devons prendre en main leur avenir, rendre l’éclat de l’espoir dans leurs yeux afin de pouvoir, le plus tard possible, les laisser seuls avec cet éclat, qui sera devenu un énorme soleil.
Demain, nous nous serons levés pour nos enfants. Nous aurons sorti nos plus beaux boucliers pour les protéger. Nous aurons tracé une voie qu'ils pourront suivre ou dont ils pourront s'inspirer pour en tracer une, deux, mille nouvelles. Nous aurons dressé nos voix contre ce délire sanitaire obscène, nous aurons dépassé notre peur de tout perdre en nous dressant contre eux, nous nous serons dressés fièrement pour avoir touché aujourd'hui à nos enfants.

Categories: Perceval 

Perceval

Ma motivation première : La Liberté. Celle de choix, de penser, de critiquer, de ne pas être d'accord, de choisir son traitement, de remettre en question les dirigeants, de vivre simplement.
Je suis un père de famille recomposée, rassemblée où je tente d'instaurer le débat d'idées, la recherche d'informations contradictoires, la curiosité. Je ne suis ni journaliste ni gourou ni prêcheur, je suis simplement un citoyen qui ne veut plus se contenter d'une vérité érigée en dogme non discutable par des personnes qui ne sont plus, à mon avis, en phase avec vous, avec moi, avec NOUS.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette saison automnale 2021 est riche en événements culturels de qualité ! Après la Journée mondiale de la Barbe, le 4 septembre, et la Journée européenne de la Prostate, le 20, les rassemblements organisés à l’occasion de la Journée mondiale de l’Urticaire, le 1er octobre, ont drainé une foule nombreuse. Le mois d’octobre, encore meilleur que septembre, a vu successivement se dérouler Journée internationale du Hamburger, le 13, et Journée mondiale du Lavage de mains le 15 (sponsorisée comme chaque année par une entreprise de gel hydroalcoolique, sous le slogan « fuck le virus »), et cela, avec un succès grandissant, sans oublier, le 29, la Journée mondiale du Caviardage, que n’ont pas manqué de soutenir de prestigieux sponsors, publics et privés, en particulier les grands groupes de médias officiels. Au mois de novembre, deux événements majeurs retiendront notre attention. La Journée mondiale des Toilettes, le 19, un événement dont on pourrait penser qu’il reste confidentiel, alors qu’il n’en est rien. Et, l’événement majeur qui nous intéresse aujourd’hui, le Festival du Mensonge.

Comme chaque année, la semaine du 31 novembre, le Festival International du Mensonge s’ouvrira à Hypocriville. Depuis deux ans, il connaît un considérable regain de succès, que personne n’aurait pu prédire il y a seulement quelques années. La plupart des hôtels affichent d’ores et déjà complet et le nombre de festivaliers attendus dépasse la cinquantaine de milliers. Autant dire que le maire d’Hypocriville, même s’il se réjouit de sa notoriété grandissante, nourrit quelques inquiétudes concernant la capacité d’accueil de sa ville.

Fidèle à ses engagements de qualité et de professionnalisme, à la fois vis-à-vis du public et vis-à-vis du jury (qui, précisons-le, c’est important, travaille pour l’amour de l’art, dans un esprit totalement bénévole et désintéressé) (mais avec le soutien généreux d’une entreprise pharmaceutique quand même), le Festival proposera une collection des vidéos les plus marquantes de l’année. Le public aura également accès à la Quinzaine des Manipulateurs et à la Semaine de l’Imposture, qui proposeront, comme toujours, des vidéos fake plus alternatives, des déclarations d’auteurs inconnus, afin de faire connaître de nouveaux talents affabulateurs.

L’édition 2021 sera-t-elle à la hauteur de celle de 2020, où Monsieur Donald T, nominé dans pas moins de seize catégories allant de « vulgaire mauvaise foi » à « gros lourd » en passant par « boniments d’Etat », « langue de bois » et « filouterie en bande organisée », avait spectaculairement raflé une dizaine de prix ? En réalité, les connaisseurs du Festival pensent que cette mouture 2021 sera encore bien supérieure à la précédente, avec des surprises et des révélations. De nouveaux incroyables talents pourraient bien surgir et élever le niveau comme jamais vu jusqu’ici.

Nouveauté cette année : les entreprises privées seront autorisées à concourir. L’Académie de la Duperie, qui gère le recrutement du jury, ne s’y est plus opposée. « Il n’y a pas de raison, a-t-elle déclaré, que nous nous privions de l’extrême créativité d’entreprises comme Gouguel, Fècecouque, Sonifa ou Pflouzer. » Cette annonce a suscité une réaction immédiate assez vive de Monsieur Emmanuel M, de France, qui a tweeté : « haro sur la concurrence déloyale ! » Par la voix de son porte-parole, Gabriel A, il a indiqué qu’il pensait avoir de bonnes chances de remporter le prix spécial du jury « serial menteur » mais que cautionner la participation de ces entreprises, pourvues d’aussi gros moyens, réduisait ses chances à néant. « Je pense pourtant faire un serial menteur tout à fait crédible, a-t-il ajouté. »

Autre nouveauté : un prix collectif devrait être attribué cette année. Tout le monde pense évidemment aux prouesses conjointes de nombreux dirigeants sur tous les continents, avec le soutien remarqué de l’OMS, concernant les « chiffres de l’épidémie ». En particulier, ceux qui concernent le nombre de « cas » et le nombre de « décès dus au covid ». On ignore encore l’intitulé de ce prix mais quelques fuites parlent de « bourrage de mou », « bidon fiction » ou encore « massive intox ». Etant donné l’ampleur internationale de cette prouesse collective, le prix devrait être richement doté.

Avant d’analyser les chances des favoris et challengers en lice pour cette année, évoquons LA question que tout un chacun se pose, comme chaque année, à l’ouverture du Festival, dans cette minuscule ville de la côte alsacienne : qui va remporter la récompense suprême ? Qui va repartir avec la fameuse noix de coco si convoitée ? L’objet, on le sait, fait rêver. Œuvre de l’artiste Charles-Désiré Bobard, cette petite boule en deux coques, très stylisée, capte toutes les attentions puisqu’elle est retravaillée chaque année : il s’agit de la concevoir avec un nouveau matériau tenu secret, afin de sonner plus creux que l’année précédente. C’est la seule exigence du cahier des charges et elle passionne le public ! Un des grands moments de la remise des prix est celui où le président procède au « test rituel de la noix », pour vérifier qu’elle sonne parfaitement creux. Le public manifeste alors bruyamment son approbation et le nom du lauréat peut être annoncé. On se souvient qu’en 2008, la noix de coco présentant un défaut de vacuité, le public avait boudé et la remise des prix avait dû être ajournée. Rien de tout cela cette année, espérons-le. Une source proche du président de l’Académie nous a affirmé que le matériau choisi (un carton nouvelle génération ? type boîte à œufs avec nanoparticules intégrées ?) devrait offrir un rendu creux exceptionnellement mat, incolore et sans intérêt. Le public sera ravi.

Dans la catégorie « gros comme une maison », partent largement favoris cette année Monsieur Jaïr B, du Brésil, pour sa déclaration « je n’ai jamais fait couper un seul arbre en Amazonie », Monsieur Emmanuel M, de France, pour sa déclaration de campagne « je vais interdire l’utilisation du glyphosate », Monsieur Xi, de Chine, pour ses déclarations en marge de la COP26  « nous nous engageons à réduire drastiquement notre production de charbon » et Monsieur Vladimir P, de Russie, pour ses protestations de droiture et transparence « jamais la Russie n’a utilisé les réseaux sociaux pour manipuler qui que ce soit ».

Dans la catégorie « ben tiens », se distingue Monsieur Xi, dont la déclaration à propos de la joueuse de tennis Peng S « elle n’a pas disparu, elle passe juste un petit moment tranquille en famille et ne souhaite pas être dérangée » a été saluée par les médias internationaux.

Dans la catégorie « blague dans le coin », retenons les propos de Monsieur Xi, encore lui, « nous mettons tout en œuvre pour respecter les droits de l’Homme », celle de Monsieur Mark Z, de Fècecouque, qui affirme « avoir pour seule et unique préoccupation le bien-être des utilisateurs et ne chercher à aucun moment à s’enrichir à leurs dépens » et celle de Monsieur Frank V, de Belgique, « il faut tenir encore cinq semaines ».

D’où cela, dites-vous ? De Belgique ? Car oui, la surprise, la toute grande surprise de ce Festival du Mensonge, risque bien cette année de venir de Belgique. Pas moins de 47 nominations pour les Belges, dans 24 catégories différentes ! Qui dit mieux ? Pour vous donner une petite idée et vous mettre l’eau à la bouche en attendant les délibérations du jury, voici un petit échantillon de ce que les Belges sont capables de faire. Jugez plutôt.

Dans la catégorie « salades et vanités », a toutes chances d’être primé Monsieur Elio D « le gouvernement n’a qu’une seule préoccupation : la santé des citoyens ». Monsieur Paul M concourra quant à lui dans la catégorie « ni vu ni connu que je t’embrouille », avec sa déclaration choc « la vaccination obligatoire dès l’âge de 18 ans est LA seule solution cohérente » et il a de bonnes chances de remporter le prix. Nominé dans les catégories « mystifions les manants », « mirages, bulles et simulacres » et « brouillard et fumée », Monsieur Alexander D repartira certainement avec un prix, vraisemblablement pour couronner sa déclaration la plus percutante : « cette épidémie est une épidémie de non-vaccinés ». Mais le vrai challenger de cette année, celui qui, selon toute vraisemblance, va imprimer une marque durable sur le Festival pour de nombreuses années à venir, c’est Monsieur Frank V. Plusieurs de ses déclarations font le buzz et resteront certainement dans les mémoires, au point que certains enseignants se demandent s’il ne faudrait pas les enseigner dans les écoles. « Le port du masque aide fortement à limiter la circulation du virus », qui lui vaut d’être nominé dans la catégorie « canular décomplexé » ; « grâce au CST, nous allons retrouver une vraie liberté » en fait le favori de la catégorie « fables » ; « grâce au vaccin, nous allons vaincre le virus », une déclaration de tout premier ordre, qui ne pouvait manquer de figurer aux nominations dans la prestigieuse catégorie du « foutage de gueule ». Mais ce n’est pas fini : Monsieur Frank V, pour sa déclaration « regardons les choses en face, les personnes vaccinées sont en colère contre les non-vaccinées et c’est compréhensible » part grand favori pour la catégorie « huile sur le feu ». Favori aussi dans la catégorie « obscurantisme », la plus convoitée de toutes, pour cette saillie : « ce qui est ennuyeux, c’est que la science est en constante évolution ».

Vous le voyez, les Belges sont très forts cette année. A n’en pas douter, cette édition 2021 du Festival du Mensonge s’annonce redoutable et passionnante !

Coco la comploteuse

NDLR: dans la catégorie Ponce Pilate: "nous avons été malchanceux"


Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que la responsabilité de l’auteur et ne représentent pas nécessairement celle de BAM!

Source photo :
Adobestock - © Comugnero Silvana

 

Cet article d’Ariane Bilheran a l’immense mérite de mettre des mots sur ce qui nous arrive depuis bientôt deux ans et contribue à expliquer l’incompréhensible absence de réaction populaire aux mesures absurdes, iniques et délétères subies par les populations du monde occidental, voire du monde entier. Ariane Bilheran nous a donné son aimable autorisation pour reproduire ici cet article publié sur son site, qu’elle a écrit pour approfondir certains thèmes investigués lors du Symposium international de santé mentale organisé le 23 octobre dernier par la Aliança Pela Saúde Portugal, au sujet de la pandémie de peur actuelle propagée dans l'humanité.


Préambule

Bonjour à tous,

Je vous remercie pour votre invitation à ce symposium international. En préambule, je souhaiterais inscrire ma participation sous l’égide de deux citations, la première d’Arthur Koestler, dans son roman Le Zéro et l’Infini :

« Nous avons poussé si loin la logique dans la libération des êtres humains des entraves de l’exploitation industrielle, que nous avons envoyé environ dix millions de personnes aux travaux forcés dans les régions arctiques et dans les forêts orientales, dans des conditions analogues à celles des galériens de l’Antiquité. Nous avons poussé si loin la logique, que pour régler une divergence d’opinions, nous ne connaissons qu’un seul argument : la mort. »

Et la seconde d’Hannah Arendt, dans La nature du totalitarisme (Understanding and Politics, on the nature of totalitarianism, religion and politics) :

« Bien des gens affirment qu’on ne saurait combattre le totalitarisme sans le comprendre. Ce n’est heureusement pas vrai car, autrement, notre situation serait sans espoir. »

Introduction

Je m’appelle Ariane Bilheran, je suis une psychologue et philosophe française, docteur en psychopathologie, spécialisée en philosophie morale et politique dans la maladie de civilisation, et en psychopathologie dans l’étude de la manipulation, des déviances du pouvoir, de la perversion, de la paranoïa et du harcèlement, entre autres. J’ai étudié durant de nombreuses années l’émergence de ce que j’ai appelé les « collectifs régressés » dans des harcèlements au sein des entreprises, et ai publié de nombreux livres sur les sujets cités, dont certains sont traduits en d’autres langues que le français. En 2020, je suis intervenue plusieurs fois pour alerter sur l’émergence du totalitarisme actuel, au prétexte sanitaire, par exemple le 13 mai, avec « Totalitarisme sanitaire : C’est pour ton bien… Le mal radical » 1, le 30 août, avec « Le moment paranoïaque (le déferlement totalitaire) face à la dialectique du maître et de l’esclave » 2, et le 30 décembre, à Radio Canada 3, entrevue au cours de laquelle j’ai affirmé que ce que nous vivions n’était pas autoritaire, mais totalitaire, en examinant la certitude délirante de la psychose paranoïaque. Ces interventions parmi d’autres m’ont valu railleries, quolibets et insultes en tout genre, de la part de ceux qui ne peuvent pas entendre ce qui se passe (ou n’y ont pas intérêt), prétendant que j’exagère ou que je souffrirais moi-même de paranoïa.

C’est donc un regard depuis la psychopathologie collective, c’est-à-dire l’étude des processus psychiques individuels et collectifs, et de la philosophie morale et politique, que je vais proposer — étant entendu que cette perspective ne saurait être exhaustive, mais qu’elle apporte des éléments d’éclairage intéressants sur ce qui nous arrive.

Depuis l’année 2020, nos libertés, conquises de haute lutte durant des siècles, au prix du sang de nos ancêtres, se sont évaporées en fumée, jusqu’à la survenue de ce « passeport sanitaire », jugé impensable par la majorité des gens il y a quelques mois encore. En m’appuyant sur ma longue expérience professionnelle d’observation des groupes, des institutions et des entreprises, lorsqu’ils se transforment en îlots totalitaires, j’ai diagnostiqué rapidement l’existence d’un délire collectif dont je décrirai la nature aujourd’hui. En avril 2020, bien que certains signes eussent pu paraître insignifiants aux yeux du plus grand nombre, ils étaient suffisants pour caractériser l’entrée dans une psychose paranoïaque collective, en particulier le déni de réalité, le mensonge, le clivage, la projection 4, l’interprétation, la persécution (ici, d’un virus, ennemi invisible, qui autorise la persécution des individus en tant qu’organismes porteurs d’une multiplicité de virus), la manipulation des masses (terreur, culpabilité et chantage), l’idéologie sanitaire (et la propagande qui la soutient), mais aussi la survenue d’une nouvelle langue pour raconter une « nouvelle normalité » ou une « nouvelle réalité » faisant table rase de l’ancien.

Les individus s’organisent selon des structures psychiques (certains préfèreront le terme organisation, moins rigide), qui traduisent leur rapport à la réalité, à l’expérience, à l’autre, à la Loi, aux pulsions, aux émotions, à la rationalité et à la langue. Ces structures sont évolutives à la faveur des événements, en particulier des charges traumatiques lourdes, et c’est ce qui explique que des individus respectant des tabous moraux fondamentaux (notamment, ne pas transgresser ni tuer) en temps « normal », se désinhibent en temps totalitaire (ou plutôt régressent psychiquement), l’idéologie de masse permettant de justifier la levée des interdits anthropologiques du meurtre et de l’inceste (et de leurs dérivés) qui fondent une civilisation. Ce que l’on sait moins, c’est que ces structures psychiques concernent aussi les collectifs. En psychopathologie, il existe des personnalités psychiques au niveau des groupes, des institutions, des entreprises... Les groupes « régressent », lorsqu’ils basculent sur un mode pervers ou pire, paranoïaque. Les pathologies narcissiques graves ont en effet ce talent de créer une unité pathologique dans les groupes, avec des interactions inconscientes. C’est dire à quel point l’individu est pris dans un système, où le tout est d’une autre nature que la somme de ses parties. Ce système contraint le psychisme individuel, qui en retour nourrira le délire collectif. Voilà expliqué en peu de mots le phénomène sectaire et fanatique. Et la mauvaise nouvelle, c’est qu’il semble désormais concerner l’ensemble de l’humanité.

Le délire collectif paranoïaque est celui qui structure le régime totalitaire. C’est l’explication psychopathologique du totalitarisme, qui selon ses critères politiques, ne saurait se réduire à une dictature, un despotisme, ou encore, une tyrannie : ambition de la domination totale, monopole des médias de masse et du corps policier, direction centrale de l’économie, persécution des opposants et de toute critique, système de surveillance d’individus, encouragement aux délations, logique concentrationnaire orchestrée sur la terreur, politique de la table rase, idéologie mouvante construite sur le clivage entre bons citoyens et mauvais citoyens, sur l’ennemi (visible ou invisible) et la pureté.

Le totalitarisme correspond donc à un délire psychotique, celui de la paranoïa, et ce délire est contagieux. Il s’agit d’une psychose, qui s’articule sur :

  • Le déni de réalité (la réalité et l’expérience n’existent pas, ne servent pas de boucles de rétroaction pour qualifier la pensée délirante dogmatique),
  • Un délire interprétatif (un ennemi extérieur ou intérieur, visible ou invisible, nous veut du mal) avec des idéologies dédiées (mégalomanie, pseudo-idéaux humanitaires, hypocondrie, persécution…),
  • La projection, la méfiance, le clivage, l’hyper-contrôle.

Cette folie présente l’apparence de la raison, du discours argumenté, tout en s’organisant sur un délire de persécution justifiant la persécution d’autrui. Elle ne nie pas la Loi, mais elle la désosse et l’interprète à son avantage et, si elle en a le pouvoir, elle l’instrumentalise pour persécuter les individus, et non plus les protéger. « Para » (παρά), dans le grec ancien παράνοια, est un préfixe qui signifie tout à la fois « à côté », « en parallèle », comme dans « parapharmacie », ou « contre », comme dans « parapluie ». De même que le parapluie agit contre la pluie, le paranoïaque agit contre l’esprit (νοῦς), contre l’intelligence, contre la logique. Et, pour ce faire, il subvertit l’esprit, l’intelligence, la logique, et leur fait la guerre.

Peu importe le contenu du délire, à savoir son décor théâtralisé, car la paranoïa, « folie raisonnante » comme l’ont nommée les psychiatres français du début du XXème siècle Sérieux et Capgras, obéit toujours à une même structuration des processus psychiques. Nourrie par la haine et la manipulation érotisée des institutions, elle peut être dangereusement collective et psychiquement contagieuse, en revendiquant son action « pour notre bien ». Il convient d’accuser un ennemi désigné comme persécuteur, et si possible, de le personnifier. Un virus « pris en tenailles » (je renvoie à l’expression utilisée par le Président de la France, Emmanuel Macron, dans son discours du 31 mars 2021) est l’ennemi parfait, car il est invisible, et en perpétuelle transformation (« variants »). L’interprétation (déduction à partir d’une opinion subjective) est au centre du dispositif : ce virus est si dangereux qu’il en va de la survie de l’espèce humaine (postulat implicite, qui permet de justifier la destruction de l’économie, des libertés et de nos droits fondamentaux). L’interprétation est à la fois exogène (le virus tueur est à l’extérieur de nous) et endogène (à l’intérieur de nous).

Osons une question blasphématoire : un virus aurait-il l’intention de nous tuer ? Les virus sont inscrits dans notre ADN ; nous en touchons des centaines de millions chaque jour. Curtis Suttle, virologue à l’Université de la Colombie-Britannique au Canada, indique dans une étude de 2018, que plus de 800 millions de virus se déposent sur chaque mètre carré de terre chaque jour. Dans une cuillère à soupe d’eau de mer, il y a plus de virus que d’habitants en Europe ! « Nous avalons plus d’un milliard de virus chaque fois que nous allons nager […]. Nous sommes inondés de virus. » Un article de 2011 publié dans Nature Microbiology estime qu’il y a plus d’un quintillion (1 suivi de 30 zéros) de virus sur Terre ! Environ 8% du génome humain est d’origine virale, et les virus ont été présents bien avant l’espèce humaine sur terre, ils ont contribué à donner naissance à la vie cellulaire 5. Partir en guerre 6 contre un virus, est-on sérieux ? C’est pourtant ce que propose l’hypocondrie délirante de la paranoïa collective, dans laquelle le corps devient étranger à soi-même et persécuteur. Il faut donc persécuter le corps, dans un Syndrome de Münchhausen de masse, qui consiste à surmédicaliser de façon inadaptée (interdiction de remèdes, couplée à des vaccins expérimentaux, dont les études qui visent à prouver la qualité, la sécurité et l’efficacité ne sont pas achevées 7) une maladie virale commune (qui mériterait des soins appropriés et précoces), déniant la tempérance, les avertissements et l’expérience des experts, et créant davantage de problèmes et de souffrances qu’elle n’en résout. La paranoïa est une pathologie contagieuse, qui érode les liens traditionnels 8 pour soumettre les psychismes à de nouveaux liens, ceux de l’idéologie 9.

Avec le régime totalitaire, tout doit être subordonné à l’idéologie : la fin justifie les moyens. En clair, le totalitarisme invite à cliver les citoyens en deux : les bons obéissants, et les mauvais désobéissants. Les méchants sont ceux qui résistent au harcèlement, ou encore, refusent d’entrer dans la nouvelle réalité délirante, idéologique, proposée par la paranoïa. Mais ces catégories sont évolutives et la persécution peut finir par concerner l’ensemble des citoyens. L’issue de ce clivage est d’exiger une logique sacrificielle : il faut, dans le grand corps social pris au sens littéral, dans lequel les individus sont destitués de leur libre-arbitre et réduits à l’état de cellules, éliminer les parts supposées malades, les sacrifier, pour « le Bien Commun ». C’est la proposition totalitaire. Rappelons que la négation des droits de l’individu, pour le réduire à une cellule du corps social entendu comme corps organique, est l’apanage systématique des régimes totalitaires. L’être humain est rétréci à l’état de cellule biologique malade, de corps contaminé et/ou contaminant. D’ailleurs, ceux qui, d’aventure, chercheraient à s’émanciper de ce grand corps organique sont présumés coupables (de l’expansion de l’épidémie) : la mère-ogre ne saurait laisser ses bébés sortir du ventre, sans angoisser elle-même sa propre mort. C’est de ce nœud archaïque dont il est question : laisser l’autre sortir du ventre tue. Et le paradoxe est évidemment que rester collé dans le ventre tue aussi. C’est sans issue.

Le totalitarisme, pour instaurer son pouvoir et le maintenir, doit pallier son illégitimité par la terreur. Il faut et il suffit de terroriser suffisamment les individus, et de les manier par le chef d’œuvre du paranoïaque : le harcèlement. Le harcèlement met en place des chocs traumatiques réitérés sur les populations, et vise non seulement la destruction des individus, mais leur autodestruction. Il est donc tout à fait logique que se déploient dans les populations des mécanismes de défense (déni, banalisation, oubli etc.), qui altèrent leur santé mentale, mais aussi des idées dépressives, suicidaires, des passages à l’acte et des troubles schizophrènes. Parce que certains psychismes sont trop vulnérables et sont en incapacité de se représenter la violence de ce qui se passe, ils peuvent se réfugier dans le délire qui séduit par son autre narration de la réalité. Par exemple, comme j’ai pu l’entendre, telle personne non-injectée sera assimilée à un terroriste et traitée de « bombe ambulante », ou encore, on interprètera l’éviction des soignants refusant la piqûre (et se faisant sévèrement châtier pour cela, par la perte de leurs moyens de subsistance et leur réduction à des citoyens de seconde zone), comme un désir de leur part d’arrêter un métier devenu trop éprouvant. La victime est jugée coupable.

Dans l’hypocondrie délirante de la paranoïa, la maladie est partout, vécue comme dangereuse, mortelle, ennemie du vivant. Le malade est opposé au sain, comme l’impur au pur : ordre est donné d’éliminer (et avant cela, d’« évincer » pour reprendre le mot de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation Nationale en France, concernant les enfants non vaccinés 10) la partie du corps social désignée comme impure. L’impureté supposée est à traquer par la terreur et des méthodes radicales : la fin justifie les moyens. C’est la raison pour laquelle la « terreur est constitutive du corps politique totalitaire, tout comme l’est la légalité pour le corps politique républicain » selon Hannah Arendt 11. On pourrait tout autant dire qu’en régime totalitaire, l’illégalité est force de loi. La paranoïa fonctionne à l’idéal tyrannique pour légitimer l’utilisation de méthodes harceleuses. L’idéalisation est mécanisme de défense très puissant, de l’ordre du fanatisme de l’idéal inatteignable. Cet idéal en soi devient persécuteur, car nul ne peut être à la hauteur. La suggestion de l’idéal sanitaire tyrannique est forte depuis le départ : la santé est conçue comme absence de maladie potentielle (d’où la confusion entre les cas et les malades), et il faut éradiquer le virus. Avec ce chantage de fond (qui est un mensonge) : pas de retour aux temps anciens avant l’éradication du virus. La sophistique change selon les circonstances. Car le « vaccin », présenté dès le départ comme objet fétiche et talisman magique contre le virus, semble ne pas fonctionner à la mesure des ambitions initiales, voire présenter de graves et sérieux problèmes. Insuffisant (il faudrait continuer les mesures sanitaires contraignantes 12), insatisfaisant (il serait même à l’origine des variants 13), éventuellement dangereux. Ainsi en est-il des effets secondaires graves, dont il sera fort compliqué de démontrer le lien de cause à effet, et dont l’État se lave les mains. C’est en substance ce que dit le philosophe italien Giorgio Agamben devant des sénateurs italiens à l’occasion des débats sur le passe sanitaire (loi 2394), le 7 octobre 2021 : « Comme l’ont noté des juristes faisant autorité, cela signifie que l’État n’a pas envie d’assumer la responsabilité d’un vaccin qui n’a pas terminé sa phase expérimentale, et pourtant essaie en même temps de forcer les citoyens à se faire vacciner par tous les moyens, sous peine de s’exclure de la vie sociale, et maintenant avec le nouveau décret que vous êtes appelés à valider, en les privant même de la possibilité de travailler. Est-il possible, je demande, d’imaginer une situation juridiquement et moralement plus anormale ? Comment l’État peut-il accuser d’irresponsabilité ceux qui choisissent de ne pas se faire vacciner, alors que c’est le même État qui décline le premier, formellement, toute responsabilité pour les éventuelles conséquences graves ? » 14

Devant l’échec à garantir un risque zéro (et pour cause, puisqu’il n’existe pas), il est probable que la persécution se renforce : il faudra, pour répondre à l’idéal inatteignable d’éradication du virus, éliminer les individus qui sont supposés potentiellement porteurs du virus (en puissance, toute l’espèce humaine est visée). D’ores et déjà, dans le monde, des troupeaux entiers d’animaux ont été disséminés selon la même logique nazie d’un virus étranger qu’il convient d’éradiquer. Goebbels notait dans son Journal (1939-1942) : « Dans le ghetto de Varsovie, on a noté une certaine montée du typhus. Mais on a pris des mesures pour qu’on ne les fasse pas sortir du ghetto. Après tout, les Juifs ont toujours été des vecteurs de maladies contagieuses. Il faut ou bien les entasser dans un ghetto et les abandonner à eux-mêmes, ou bien les liquider ; sinon, ils contamineront toujours la population saine des États civilisés. » Les non-vaccinés seront-ils persécutés puis éliminés pour camoufler l’échec à atteindre l’idéal tyrannique ? Abdiquer l’idéal tyrannique serait renoncer au délire, et signifierait l’effondrement, la chute devant l’ennemi, la mort, la plongée dans le trou noir.

La réalité de l’expérience doit donc être tordue et asservie, pour coïncider avec l’idéal archaïque et sadique, qui la disqualifie.

Il est important de nommer que nous avons déjà eu affaire dans un passé pas si lointain que cela, à une idéologie sanitaire de type épidémiologique, avec l’épidémie du typhus, que les nazis prétendaient combattre et éradiquer. C’est bien le déploiement de cette chasse à l’épidémie de typhus qui désigna une catégorie de la population comme en étant porteuse, et la traita comme des parasites propagateurs d’épidémies. L’épidémie de typhus se propageait car toutes les conditions étaient réunies pour que ce soit le cas (distribution de couvertures infestées de punaises, entassement dans des ghettos insalubres etc.). Je renvoie aux travaux de l’historien français Johann Chapoutot sur le sujet. Car si le délire crée une nouvelle réalité pour remplacer l’ancienne (propos de l’idéologie), avec la paranoïa, il faut faire advenir cette nouvelle réalité. Le discours est un oracle performatif : il produit seul la réalité. Il n’y a plus de réflexivité avec l’expérience pour créer un chemin de vérité. La parole délirante est omnipotente et entend bien le démontrer, en marquant la réalité sous le sceau de l’idéologie. Le meurtre est justifié et justifiable, puisqu’il est désormais permis de transgresser, au nom du Bien Commun.

Le vivant est l’ennemi. Le délire paranoïaque fait abstraction de la complexité du corps humain et de son fonctionnement auto-organisé et systémique. Le corps est envisagé comme un objet inerte sur lequel circule un virus, vu comme l’unique facteur d’une maladie, ce qui est une aberration à la fois épistémologique et méthodologique. L’idée d’une immunité autre qu’artificielle est évacuée : le corps est un réceptacle, porteur d’un corps étranger et invisible. Tout ce qui bouge, tout ce qui est vivant, tout ce qui résiste, est vécu comme traître et doit être éliminé. Le corps de l’autre est coupable, en tant que porteur potentiel de virus, c’est-à-dire de vie. L’éviction dès le départ de la notion complexe de « système immunitaire » oriente la pensée vers un corps dénué de capacités à réagir s’il n’est pas vacciné. Or, c’est pourtant sur la sollicitation du même système immunitaire que fonctionne le vaccin. Mais le délire paranoïaque n’est plus à un paradoxe près. L’ambition paranoïaque est donc de neutraliser et contrôler ce corps, mais cela ne suffira pas. Il faudra, dans un paradoxe implacable, supprimer la vie pour conserver la vie.

Chacun est coupable de la maladie de l’autre ; plus personne n’est responsable de son propre état de santé. Celui qui récuse le traitement politico-médiatique de la chose devient donc un ennemi de la patrie, un traître, un collabo au virus, un assassin. L’ennemi est invisible, et il est partout. Les corps de la population sont perçus comme potentiellement malades, infectieux, dangereux, et cette ghettoïsation s’appliquera au départ à une partie de la population, avant de cibler tout le monde, il faut le rappeler. La persécution ne s’embarrasse pas des détails. Est-ce vraiment un hasard d’avoir rencontré, au hasard de mes recherches, l’existence du passeport restreignant la circulation autant dans le nazisme (pour des raisons expressément sanitaires) que dans l’URSS de l’époque stalinienne (le sanitaire y était alors imbriqué avec des motifs politiques de contrôle des individus) ? Les passeports de l’URSS stalinienne avaient aussi une mission « prophylactique », sur fond de nettoyage répressif, délimitant des zones autorisées ou non à la circulation.

Le chantage à la vaccination est le suivant : si vous n’êtes pas vaccinés, vous n’aurez plus le droit à un traitement digne d’un être humain, vous n’aurez même plus le droit à des soins, vous n’aurez plus le droit de travailler, vous pourrez (éventuellement) mourir en marge de la société, en tant que parias, ou pire, vous serez traités comme des criminels dangereux et des ennemis publics qui pourront également être emprisonnés sans date de sortie dans des camps concentrationnaires. C’est en cours de déploiement dans certains pays (dont l’Australie), et nul doute que cette affaire ne se mondialise si elle n’est pas freinée. Les camps de concentration et d’extermination des régimes totalitaires servent de laboratoires où la conviction fondamentale du totalitarisme que tout est possible se vérifie. Peu importe comment ces camps se nommeront : « camps de quarantaine », « camps de soin » etc. C’est la logique paranoïaque qui, si elle n’est pas freinée ou entravée par une forte opposition, se déroulera comme le commande le délire. Dans le camp, le corps est soumis aux agressions, à la faim, au froid, aux maladies, aux maltraitances sexuelles, à la déshumanisation, aux expérimentations en tout genre. Pour Hannah Arendt, dans Le système totalitaire (troisième partie de son magistral ouvrage les Origines du Totalitarisme), « le prisonnier d’un camp n’a pas de prix puisqu’on peut le remplacer ». La valeur marchande sur le corps humain relève de la perversion : instrumentaliser à outrance ce qui en saurait l’être. Rappelons-nous que la perversion n’est que l’instrument du déploiement du totalitarisme.

Le but n’est plus l’aliénation mais l’annihilation du sujet humain. Le totalitarisme est par essence génocidaire ; il n’a plus besoin de l’humain, ou plutôt, il prétend le créer de nouveau, à partir de zéro : cet « homme nouveau », à qui il faut supprimer la liberté, pour faire régner l’idéal tyrannique et malsain de pureté. L’apologie du corps puissant, de la volonté de puissance, du surhomme transhumanisé suppose l’élimination des supposés inutiles, des corps malades, des corps souffreteux.

S’agissant des réactions des individus, il faut d’abord comprendre (et je ne pourrai entrer ici dans le détail d’un processus psychique fort complexe) que le psychisme tend à se protéger de la violence du harcèlement, de la propagande médiatique et de la terreur. Pour cela, il érige des remparts qui lui permettent de tolérer une réalité insoutenable, parmi lesquels : le déni, le refoulement, la banalisation, l’idéalisation, le clivage, la projection, la radicalisation, l’interprétation, l’isolation, la décharge dans le passage à l’acte, l’automatisation des faits et des gestes, l’anesthésie affective, le désinvestissement 15… Ces « mécanismes de défense » érodent la lucidité de l’individu. En particulier, le déni est une impossibilité absolue de se représenter la violence de ce qui se passe, jusqu’à rendre hermétique à toute argumentation ou évidence des faits. Je précise que ce processus psychique n’a rien à voir avec l’intelligence, mais concerne les « plus fragiles » psychologiquement, c’est-à-dire ceux qui n’ont pas les ressources internes suffisantes pour résister à une telle distorsion interprétative du monde : la majorité des êtres humains. Car il faut une force psychique hors du commun pour parvenir à garder un raisonnement sain dans un monde qui devient fou, où les repères sont inversés, la vérité travestie en mensonge, et les innocents désignés comme coupables, tandis que les coupables exercent une terreur indécente, au nom du bien du peuple, et de jolis idéaux tels que « la santé pour tous » ou « la protection de nos aînés. » La contagion délirante opère à partir de ces remparts, rendant l’individu perméable à l’idéologie, et désormais adepte inconditionnel de la secte totalitaire.

Il existe une hiérarchie des profils psychiques dans l’accès aux fonctions structurantes de civilisation que sont la symbolisation et la sublimation 16. Nous pouvons déjà distinguer ceux qui ont structurellement intégré les tabous fondamentaux de l’interdit du meurtre et de l’inceste (et leurs dérivés : calomnie, envie, transgressions sexuelles etc.), et les autres. Ces derniers, qui ne sont plus tenus par une structure extérieure, sont alors « activés » par le délire paranoïaque, qui les autorise désormais à passer à l’acte, sans plus aucune répression légale, pourvu que l’action mortifère et transgressive s’inscrive dans la lignée dogmatique de l’idéologie. C’est ainsi que, sous propagande, des profils pervers peuvent torturer impunément (prenons l’exemple de Klaus Barbie), des profils paranoïaques peuvent disséminer la terreur 17, et des psychopathes, être utilisés comme des mercenaires du régime.

Les névroses ordinaires 18 sont fragilisées, c’est-à-dire que des personnes se comportant, en temps « normal », de façon respectueuse des interdits fondamentaux, peuvent, à la faveur d’une idéologie totalitaire, régresser, et notamment sur un mode pervers. En clair, le système totalitaire, par sa dimension délirante massive, fait décompenser des pervers en paranoïa, et parvient à faire régresser certains profils névrosés en perversion, la perversion étant une sorte d’ultime digue psychique pour ne pas sombrer dans le délire (je renvoie aux travaux du psychiatre français Racamier). Le déploiement du système totalitaire entraîne donc la survenue de nombreux abus de pouvoir et actes sadiques, commis par des chefaillons qui se révèlent. Et l’on se demande alors comment ce bon père de famille, d’ordinaire si agréable, et connu depuis si longtemps, est devenu capable de tant d’atrocités…

Les autres profils névrosés, plus rares, sont tout de même fragilisés, jusqu’à nourrir des dépressions et des idées suicidaires, ou encore convertir leur angoisse en névrose obsessionnelle grave : l’individu fonctionne sur un mode automatisé, par des attitudes ritualisées, qui l’empêchent de penser sa fonction dans l’ensemble du système, comme Eichmann qui ne faisait que s’occuper de ce que les trains arrivent à l’heure. L’individu préfère en effet être entraîné dans la régression psychique collective, plutôt que d’affronter l’épreuve de la solitude, de la perte et de la séparation (épreuve à laquelle le philosophe traditionnel est généralement aguerri). Ainsi, dans des situations incitatives, hors normes, les auteurs d’actes barbares sont aussi des « honnêtes gens », aux profils obéissants. Je rappelle que la perversion 19 est l’exécutante consciencieuse et habile au service de la folie paranoïaque.

Le totalitarisme, l’idéologie, la prophétie dans la science en appellent à un paradis perdu. « La scientificité de la propagande totalitaire se caractérise par l’accent qu’elle met presque exclusivement sur la prophétie scientifique, par opposition à la référence plus traditionnelle au passé » 20, et je renvoie au livre que j’ai écrit en collaboration avec le professeur universitaire de mathématiques Vincent Pavan, intitulé La nouvelle normalité. Corruptions de la langue et dérive totalitaire. La confusion entre la fiction et la réalité de l’expérience règne, appuyée sur un déni des experts, et la certitude délirante, niant toute objection et doute. Il est même hérétique d’avoir une opinion sur la propagande totalitaire ; elle « n’est plus un problème objectif à propos duquel les gens peuvent avoir une opinion, mais est devenue dans leur vie un élément aussi réel et intangible que les règles de l’arithmétique. » 21 Elle place l’atteinte de ses buts dans un futur qui est toujours lointain, une sorte de promesse finale, le retour à un paradis perdu, la fin du calvaire, la pureté de la race, le territoire purifié de la maladie, le retour au monde d’avant etc. Il s’agit de fédérer la masse contre un ennemi commun, censé incarner l’opposition à la réalisation de ce but. L’ennemi, autant extérieur qu’intérieur, sera susceptible de changer, suivant l’interprétation à l’instant T, pourvu que demeure ce que je nomme « la xénophobie dans la pensée », à savoir la notion d’un « étranger organique qui serait un « non-soi » menaçant le soi, au lieu que le « soi » soit « capable de se reconnaître porteur du « non-soi » et donc de pouvoir l’assimiler. » 22 Pour faire vivre cette xénophobie sanitaire, il faut opérer une « gigantesque opération de falsification de la vérité » 23, traduisant tout à la fois une confusion mentale et un défaut d’intégrité. Le scientisme idéologique et sa technique prédictive ne cessent de se mouvoir ; leur dimension « caméléon » les fait perdurer au pouvoir. Le discours n’est plus un reflet de l’expérience : c’est l’expérience qui doit se conformer au discours.

Conclusion

En conclusion, la psychose paranoïaque est un délire d’enfermement collectif mené par l’idéologie, à savoir une croyance mensongère érigée en dogme et en vérité explicative d’un réel dont elle nie l’existence, et qu’elle entend remplacer par sa propre narration prosélyte. Il y a bien là une négation fondamentale de ce que les psychanalystes appelèrent le principe de réalité. Dans un article d’Hannah Arendt intitulé « Les germes de l’internationale fasciste » 24, la philosophe notait : « C’est un aspect trop négligé de la propagande fasciste qu’elle ne se contentait pas de mentir, mais envisageait délibérément de transformer ses mensonges en réalité. Ainsi, Das Schwarze Korps (un journal de l’époque) reconnaissait quelques années avant le début de la guerre que les peuples étrangers ne croyaient pas réellement les nazis quand ils prétendaient que tous les Juifs sont des mendiants et des vagabonds qui ne peuvent subsister que comme des parasites sur l’économie des autres nations ; mais, prophétisait-il, l’opinion publique étrangère aurait en l’espace de quelques années l’occasion de s’en convaincre, quand les Juifs allemands auraient été poussés hors des frontières précisément comme un tas de mendiants. » Personne n’était préparé à ce type de fabrication d’une réalité mensongère. En clair, le délire paranoïaque persécute, au nom de ce qu’il prophétise. Et ce qu’il prophétise, il le fait tout simplement advenir. « Il y aura des quantités de morts ! », dit-il. Et de fait, à force d’interdire les traitements qui soignent les patients et de précariser les populations, il est fort probable que ces morts arrivent. De plus, la narration idéologique justifie la persécution par la légitime défense. Avec la paranoïa, il est autorisé de tuer puisque c’était pour se défendre.

Ce n’est pas la première fois dans l’Histoire que nous avons à affronter une tyrannie pseudo-scientifique, où nous est dictée une idéologie visant à modeler nos comportements, nos pensées, nos paroles et nos actes, nous encourageant à devenir délateurs de nos propres voisins et organisant le fichage et le traçage des individus. Ce projet totalitaire détruit « la vie nue », pour reprendre le concept du philosophe Giorgio Agamben, c’est-à-dire le « simple fait de vivre », la spontanéité de vivre, et dont le rôle des Humanités nous rappelle la sacralité.

Avec la « novlangue » COVID, où j’ai relevé pas moins de soixante nouveaux mots et expressions surgissant dans la langue commune, la personne verra donc la moitié de son vocabulaire disponible colonisée par des néologismes. Comment ne pas supposer que cela crée des narrations idéologiques qui s’imposent à notre représentation du réel et à notre capacité de le nommer ? Ces néologismes sont là pour imposer une nouvelle réalité, qui ne correspond ni à l’héritage partagé ni à la réalité de l’expérience : il s’agit d’imposer une vision du monde en modifiant de force nos pensées.

Le néologisme est souvent un mot « fourre-tout », dans lequel on pourra mettre l’objet de ses persécutions pour désigner l’ennemi à abattre. La paranoïa impose une relation d’objet narcissique paradoxale où le danger de mort est permanent, que l’on vive ensemble, ou que l’on se sépare. C’est bien le leitmotiv de l’idéologie sanitaire actuelle qui, si elle est menacée dans sa subsistance hypnotique, conduira inévitablement à des passages à l’acte meurtriers et transgressifs sur les peuples désobéissants, ce qui est d’ailleurs à l’œuvre dans différents endroits de la planète.

Avec le délire paranoïaque, plus rien n’a de sens, mais tout prétend en avoir. Combien de cris d’orfraie n’avons-nous pas entendus ces dernières années au nom de la « lutte contre les discriminations » ? Mais lorsque c’est « pour une bonne cause », « pour la santé pour tous » (du moins en théorie), cela change tout ! Il faudra néanmoins attendre le réveil des masses, pour que le totalitarisme s’effondre, ces masses qui réagissent favorablement à la suggestion hypnotique, et se laissent facilement séduire, par le cadeau empoisonné de l’idéologie et son apparente cohérence : la fuite d’une réalité vécue comme désagréable. La propagande totalitaire fonctionne, car elle promet de transformer radicalement un monde dont les masses ne veulent plus, parce qu’elles n’y trouvent plus leur place. Bien entendu, ce sentiment d’être perdu, sans racine, le totalitarisme a pu lui-même en être à l’origine, avant d’en tirer profit. La globalisation offerte par l’idéologie totalitaire rassure ; elle donne l’illusion de la prise en charge totale, peu importe que cette prise en charge soit le fruit d’une mère omnipotente qui peut changer d’humeur à n’importe quel moment, jusqu’à tuer sa progéniture si cela lui chante. Les masses doivent cesser de collaborer et, partant, de croire. Et c’est inéluctable : l’expérience de la réalité totalitaire se chargera elle-même de la désillusion. Cassandre avait bien tenté d’éviter aux Troyens le massacre, en les avertissant sur le cheval de Troie : personne ne l’écouta, et tous continuèrent à se voiler la face jusqu’à la destruction irrémédiable du royaume.

Il est essentiel que cette alliance provisoire entre les propagateurs politiques de l’idéologie (décideurs politiques et économiques/propagandistes et intellectuels collaborant à l’idéologie) et une grande partie du peuple cesse. Le ballon du délire paranoïaque collectif se dégonfle lorsque le langage trafiqué de l’idéologie perd de son charme envoûtant. C’est pourquoi notre liberté se conquiert dans le Verbe, qui nomme avec justesse l’expérience humaine, et ce fut depuis toujours le rôle des Humanités. Je conclurai par une phrase très simple d’Hannah Arendt, et pourtant si vraie : « Penser est dangereux, mais ne pas penser est encore plus dangereux. » 25 Je vous remercie de votre attention.

Par Ariane Bilheran, psychologue clinicienne, docteur en psychopathologie


[Notes]

[1] https://www.arianebilheran.com/post/totalitarisme-sanitaire-c-est-pour-ton-bien-le-mal-radical

[2] https://www.arianebilheran.com/post/le-moment-paranoiaque-vs-deferlement-totalitaire-face-a-la-dialectique-du-maitre-et-de-l-esclave

[3] https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/bien-entendu/segments/entrevue/337551/ariane-bilheran-idees-incapacite-discussion

[4] Il ne m’est pas possible ici de déployer toute la psychopathologie de la paranoïa, je renvoie à mon livre Psychopathologie de la Paranoïa, Paris, Dunod, 2019 (2ème éd.)

[5] https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1661324/virus-definition-corps-humain

[6] Cf. discours d’E. Macron, 16 mars 2020.

[7] https://www.francesoir.fr/societe-sante-videos-les-debriefings/debriefing-avec-le-dr-umlil-vaccination-la-validite-du https://www.catherinefrade.com/blog/2021/04/01/eclairage-sur-les-donnees-publiques-europeennes-des-amm-conditionnelles-pour-les-4-vaccins-covid-19-31-mars-2021/

[8] Collectif transgressé, clivage, division, délation, apartheid.

[9] Il est à souligner que tout ce qui contribuera à rompre les liens de l’idéologie contribuera à affaiblir le totalitarisme ; en ce sens, la corruption traditionnelle au sens des petits arrangements entre des fonctionnaires et la population, par exemple, sera une épine dans l’ambition de domination totale du système totalitaire.

[10] https://www.lci.fr/sante/coronavirus-evincer-les-eleves-non-vaccines-en-cas-de-covid-19-le-nouveau-protocole-sanitaire-ne-passe-pas-2192612.html

[11] Understanding and Politics, on the nature of totalitarianism, religion and politics.

[12] Les vaccinés peuvent-ils s’affranchir des gestes barrières ? Non, répond le ministère de la Santé : « Le port du masque reste nécessaire. Plus généralement, une personne vaccinée doit continuer d’appliquer les gestes barrières. » https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/vaccin/covid-19-peut-on-arreter-les-gestes-barrieres-lorsqu-on-est-vaccine_4353315.html

[13] « C’est très simple, les variants viennent des vaccinations », Professeur Luc Montagnier, prix Nobel de médecine, interview de Pierre Barnerias. « On vaccine des gens, ça sélectionne des variants, et finalement les gens ne sont plus couverts par le vaccin, et on continue à vacciner quand même » (Professeur Christian Perronne).

[14] https://www.youtube.com/watch?v=T2Pei9gMxCQ

[15] Bilheran, A. 2017. Harcèlement. Psychologie et psychopathologie, Amazon.

[16] Bilheran, A. 2020. Psychopathologie de l’autorité, Paris, Dunod.

[17] Bilheran, A. 2017. « Terrorisme, jeunesse, idéaux et paranoïa », Paris, Revue Soins, Elsevier.

[18] Je rappelle que nous sommes tous a minima névrosés, car nous avons dû tous opérer un refoulement sur nos pulsions primaires agressives, ce qui est plutôt une bonne chose pour parvenir à vivre ensemble.

[19] La perversion est une pathologie du narcissisme, qui instrumentalise à son propre intérêt. La jouissance obtenue n’est ni partagée ni créatrice pour chacun : elle est sadique et destructrice. Le pervers prend tout et ne partage pas. Il capture ce qui est sain et constructif, pour le dévier, le détourner, le salir et le détruire. Cf. Bilheran, A. 2019. Psychopathologie de la paranoïa, Paris, Dunod.

[20] Arendt, H. Les origines du totalitarisme.

[21] Arendt, H. Le totalitarisme, Chapitre XI.

[22] Annick de Souzenelle, Le baiser de Dieu, Paris, Albin Michel, 2007.

[23] Agamben, G. 2020. Traduction (Florence Balique), à partir du texte italien publié le 28 avril 2020 sur le site Quodlibet : https://www.quodlibet.it/giorgio-agamben-sul-vero-e-sul-falso

[24] “The Seeds of a Fascist International”, Jewish Frontier, juin 1945.

[25] H. Arendt, entretien du 06 juillet 1974. https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000001722/hannah-arendt-sur-la-liberte.html


Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que la responsabilité de l’auteur et ne représentent pas nécessairement celle de BAM!

Source photo :
Capture

Categories: Ariane Bilheran 

Réponse à la carte blanche, de deux députés open VLD, publiée dans “De Morgen“ et relayée par l’Echo


« Peut-on à nouveau reporter des soins pour faire de la place aux non-vaccinés? » telle est la question posée par deux députés open VLD dans une carte blanche publiée dans De Morgen, dont les propos ont été relayés par l’Echo (https://www.lecho.be/economie-politique/belgique/general/peut-on-a-nouveau-reporter-des-soins-pour-faire-de-la-place-aux-non-vaccines/10343904.html).

Les différentes prises de paroles des hommes et des femmes politiques belges, les différents articles parus dans la presse ces derniers jours veulent nous faire croire que les belges non vaccinés sont ignares, incultes et responsables de la vague automnale de covid-19.

C’est oublier un peu vite que ce coronavirus n’est pas si différent des autres virus de la famille des coronavirus : c’est un saisonnier (https://odysee.com/@notrebondroit:f/virus-saisonnier:0).

Cette quatrième vague qui remplit nos hôpitaux était prévisible et rien n’a été entrepris pour la prévenir.

Rien d’autre qu’une vaccination de masse avec des vaccins pour lesquels il est acquis maintenant qu’ils n’empêchent pas la transmission et n’empêchent pas non plus de faire la maladie.

Hors, il est également acquis qu’une vaccination imparfaite peut induire la transmission d'agents pathogènes hautement virulents (https://journals.plos.org/plosbiology/article?id=10.1371/journal.pbio.1002198).

Cette « crise » automnale était donc prévisible et nous n’avons cessé de prévenir nos dirigeants via nos nombreuses actions citoyennes, au printemps et cet été.

La réponse fut toujours identique : vaccinez-vous, vous éviterez les formes graves et vous éviterez d’engorger notre système hospitalier.

Très rapidement, d’ailleurs, les non-vaccinés ont été pointés du doigt comme étant responsables des vaguelettes estivales (https://www.rtbf.be/info/societe/detail_les-patients-actuellement-hospitalises-pour-le-covid-en-belgique-des-jeunes-des-vieux-mais-surtout-des-non-vaccines?id=10804231).

Le ton était donné, la petite minorité ayant refusé l’injection était désignée comme bouc émissaire.

Les non vaccinés font donc, pour nos deux députés flamands, des coupables presque parfaits.

Ils engorgent nos hôpitaux et empêchent « les bons vaccinés » de recevoir leurs soins.

En filigrane, la question posée par ces deux députés est : « faut-il encore soigner les personnes non vaccinées ? »

Il semble que Monsieur Willem-Frederik Schiltz, chef de groupe Open VLD au Parlement flamand, et Madame Freya Saeys, députée flamande Open VLD, n’aient pas été attentifs aux réponses données par notre Ministre de la Santé, Monsieur Frank Vandenbrouck, lors de sa dernière audition en Commission santé.

Si effectivement, notre système hospitalier connaît une recrudescence de patients atteints par le covid, il ne s’agit pas de patients non vaccinés mais majoritairement de patients… vaccinés.  

D’après notre ministre, la semaine du samedi 16 octobre au vendredi 22 octobre 2021, la proportion de patients doublement vaccinés dans les hôpitaux flamands était de 70.9%.  (https://www.dekamer.be/doc/CCRI/html/55/ic617x.html).

La Flandre a un taux de vaccination bien supérieur à Bruxelles et à la Wallonie, et pourtant notre premier Ministre, Monsieur De Croo a dû admettre que le taux de reproduction du virus est plus élevé en Flandre qu’ailleurs dans le pays (https://www.lavenir.net/cnt/dmf20211028_01630433/de-croo-le-taux-de-reproduction-du-virus-est-superieur-en-flandre).

Si le taux de reproduction du virus est plus élevé dans une population vaccinée à plus de 90%, c’est qu’il circule aussi parmi les vaccinés.

Cet état de fait national semble se confirmer au niveau régional.

A Bruxelles, on peut s’apercevoir que le taux d'incidence le plus élevé concerne la commune avec le plus haut taux de vaccination (70%).

Tandis que le taux d'incidence le plus bas concerne une des communes avec le plus faible taux de vaccination (47%).

Par ailleurs, l'étude Barda de The Lancet (https://drive.google.com/file/d/1Bhv_NCPNdB9PH1dHjS4KR5hiRDuEEb0o/view) menée en Israël montre un taux de mortalité par infection delta, la souche circulant majoritairement en Belgique, habituellement inférieur à 0,2%, grimpant à 0,7% chez les personnes doublement vaccinés.

Nous risquons donc effectivement de connaître une situation explosive cet automne et cet hiver mais pas du seul fait des patients non vaccinés.

Si cette étude se révèle exacte, ce sont les patients vaccinés qui risquent le plus de se retrouver hospitalisés et d’engorger nos hôpitaux pour cause de Covid.

Les résultats flamands de la semaine du 16 au 22 octobre 2021 semblent d’ailleurs annoncer la tendance.   

N’allez pas penser, comme Monsieur Van Ranst, sur Twitter, que nous nous réjouissons de voir les personnes vaccinées gravement malades et engorger nos hôpitaux.

Contrairement aux députés Open-VLD qui envisagent sérieusement de cesser de soigner les personnes non vaccinées, nous, professionnels de la santé, vaccinés ou non, nous nous battons pour chaque vie, y compris celle des vaccinés hospitalisés pour covid ou pour un effet secondaire de la vaccination.

Plusieurs soignants, médecins et paramédicaux se sont d’ailleurs réunis en une structure appelée Covisoins (https://covisoins.be/) dont l’objectif et de soigner précocement les patients atteints de covid, sans aucune discrimination liée au statut vaccinal.

Nous refusons d’abandonner notre idéal de paix, de démocratie et de justice.

Isabelle Duchateau


Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que la responsabilité de l’auteur et ne représentent pas nécessairement celle de BAM!

Source photo :
Adobe-stock

Categories: Isabelle Duchateau 

Photo: BAM! ©Vick

Notre rédaction a reçu cette tribune d’un non-expert, citoyen, qui se pose des questions, somme toute, assez pertinentes. Cette tribune tente d’expliquer l’absurdité, en soi, des mesures gouvernementales. Nous avons tenu à la mettre à l’honneur en la publiant intégralement, car elle donne une bonne idée de ce que peut ressentir la population sous le joug des mesures sanitaires passées et actuelles.


Oubli de la nature humaine

En gérant, de façon techniciste, la crise par des experts et des technocrates, on oublie que les modèles scientifiques sont incapables d’intégrer la nature humaine, qui n’est pas modélisable scientifiquement, mais dont on possède la connaissance historique, empirique et métaphysique.

On a voulu gérer sans tenir compte de cette réalité, et on a gouverné en donnant des ordres aux gens comme s’ils n’étaient que des soldats obéissants, des robots et non des personnes. Ce qui implique alors une diversité de réactions autre que l’application des ordres, allant de la collaboration à la résistance, en passant par une application négligée des ordres. Ce qui en soi est normal : la nature produit de la diversité (d’espèces, compétences, comportementales) afin de faire face à la sélection naturelle, aux changements de contextes systémiques.

En agissant ainsi, on aliène une partie des gens et on crée une logique clivante, à la défiance des uns et la tentation de bouc-émissaire des autres envers les récalcitrants, accusés systématiquement par facilité de faire échouer la stratégie. Les partisans de la gouvernance, en aboyant des ordres, trouvent rapidement que l’aboiement n’est pas assez fort et la méfiance ne fera que s’amplifier alors que faire société implique la confiance des uns et des autres.

Scénario du pire

Le lockdown a été justifié selon le modèle de l’Imperial College de Londres, qui était un scénario catastrophe.

Le scénario du pire implique les problématiques suivantes :

Sidération de la démarche scientifique : on parle de catastrophe, avec des centaines, des millions de morts. Tenter de remettre en question ce scénario signifie mettre en danger des vies, empêcher l’action pour les sauver ; cela aboutit à une position d’immoralité du fait de réfuter ce modèle.

Comment ? Vous osez mettre la vie d’autrui en danger par votre besoin égotique de respecter les procédures de la science ?” Tout scientifique faisant l’examen du modèle sera dénoncé comme abject et dangereux. Sous cette pression, la plupart des scientifiques se tairont par crainte d’excommunication. Cela porte un nom : l’obscurantisme.

Ceux qui pensent que l’excommunication ne peut pas fausser la vérité scientifique sont-ils au courant de l’histoire du christianisme ? Ce modèle devient donc non-scientifique pour cette raison.

Justification des moyens excessifs. Avec de tels extrêmes, on justifie alors des moyens à mettre en œuvre de façon excessive. C’est normal, non ? Il faut sauver des vies ! Le problème, c’est que si on s’aperçoit du non-résultat, il y aura une phase de déni. Plus on s’investit dans un domaine, plus il est difficile de se remettre en question et d’accepter ses pertes. C’est ce qu’on appelle un piège abscons, à l’instar du joueur de casino qui double la mise quand il perd...

Il est improbable, celui-ci étant un risque de queue . Et comme il est improbable, et que le pire ne sera pas arrivé, le partisan des mesures pourra prétendre au succès de la mesure, même si c’est faux. Il sera impossible de réfuter ou d’infirmer. Mais c’est en soi très commode.

Mauvaise évaluation des risques

Personne n’évalue, lors de la mise en place des stratégies, les risques d’échecs. Personne ne se demande « est-ce que ça peut échouer ? », « qu’est-ce qui peut ne pas aller ? ».

Ce n’est pas dans la logique des gens qui les établissent. Ceux-ci vendent leurs stratégies, tout comme un vendeur de voiture n’insiste pas sur ses défauts. Quand on fait un plan, on regarde les résultats espérés, pas le risque qu’ils n’arrivent pas. Les hommes fonctionnent comme ça, sinon ils ne feraient probablement rien.

Le problème, c’est que si cette méthode est valable pour une entreprise privée, au niveau d’une nation avec des millions d’habitants subissant les échecs de ces stratégies, l’impact n’est pas le même.

Le fait qu’on crée de nouvelles mesures est déjà la démonstration que la mesure précédente n’a pas porté les résultats promis et donc que l’estimation des avantages/inconvénients était fausse.

L’accumulation de tant de précédents d’échecs devrait pourtant rendre plus prudent concernant le processus, mais on dirait qu’on n’apprend rien.

Si les complotistes arrivent à prédire les échecs que ne voient pas les experts, c’est tout simplement que les experts sont dans un biais de confirmation tandis que les complotistes font le travail d’examen que ceux-ci ne font pas.

Conclusion : il faudrait peut-être engager des complotistes dans les conseils de sécurité...

Par Philippe Arnould, musicien


Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que la responsabilité de l’auteur et ne représentent pas nécessairement celle de BAM!

un risque avec des probabilités très faibles : le scénario du pire a peu de chances d’arriver car la probabilité est très faible que les conditions d’une telle catastrophe soient toutes réunies

Bonjour à toi, qui est « de l’autre bord sanitaire ». Je suppose que tu l’as remarqué, tout est fait pour que nous soyons opposés.

Tu as fait le choix de la sécurité, de l’altruisme, de l’écoute, du respect des règles.

Moi, j’ai fait un autre choix, soi-disant égoïste, en contradiction avec le reste du monde, complotiste.

Pourtant, si, comme moi, tu prends le temps d’analyser la situation, tu remarqueras sans doute que nos choix sont identiques : Nous avons choisi d’être cohérents avec nous.

Je suis certain que tu ne te dis pas que je suis égoïste, en tout cas, je veux le croire car nous sommes des frères HUMAINS avant d’être anti « ça » ou pro « ceci ». Il est important que, toi et moi, nous nous en rappelions.

Nous sommes des frères HUMAINS. Avec notre vécu, notre vie, nos croix à porter, nos rires, nos personnes disparues, nos sensibilités, nos amours, nos peines…

N’as-tu pas l’impression comme moi que l’on nous uniformise dans cette folie de la séparation ? Ne sens-tu pas que l’on essaie de nous monter l’un contre l’autre au moment où il nous faudrait être solidaires ? Sans me tromper, toi et moi, nous respirons le même air, nous nous levons le matin pour aller travailler, pour nos enfants ou simplement parce que nous le devons. Toi comme moi, nous sommes malades, nous sommes heureux, nous pleurons, nous profitons de la vie. Toi tu manges peut-être vers 18h et moi vers 19h et nous devons manger pour continuer nos péripéties sur terre. Peut-être même manges-tu des légumes alors que moi je dévore un morceau de viande. Certes, cela nous différencie tout autant que cela nous unit.

Oui, nous sommes frères HUMAINS avant d’être doublement quelque chose ou simplement rien du tout. Quand on se croise dans la rue, au-delà des aspects physiques extérieurs, nous sommes nés, pratiquement tous, avec deux jambes, des cheveux, deux yeux, des sentiments. Nous sommes venus au monde grâce à une femme qui nous a aimé ou pas, qui nous a bien élevé ou pas. Nous avons appris à parler une langue voire deux ou trois et toujours grâce à notre bouche. Nous avons nos pouces opposables, nos pieds chaussés, des poils même discrets.

Toi et moi, nous sommes frères HUMAINS avant d’être autre chose.

Hier, tu as fait le choix de changer de carrière quand moi j’obtenais une promotion. Aujourd’hui, tu es heureux parce que tu as trouvé ta nouvelle direction pendant que je râle car le poste que je convoitais n’est pas comme je le rêvais. Demain, tu perdras ton emploi faute de demande alors que moi, je serai devenu aigri. Nos choix ne définissent pas qui nous sommes mais plutôt qui nous nous laissons devenir. Qui nous dit qu’après-demain, tu n’aurais pas pu relancer la demande avec une innovation et moi trouver le bien-être en changeant de cap ?

Tu me comprends, mon frère HUMAIN ?

Qui de nous a fait le bon choix ? Peux-tu m’affirmer aujourd’hui que c’est toi ? Personnellement, je ne peux pas le faire, je ne peux rien affirmer. Par contre, je sais que j’ai fait un choix et que j’en assume les conséquences…

Toi et moi, nous sommes frères HUMAINS avant tout le reste et je ne peux que nous inviter à ne pas l’oublier lorsque nous ne sommes pas en accord sur un choix que nous faisons, en notre âme et conscience, pour notre bien, avec nos sensibilités propres, nos expériences, nos croyances.

À toi, « l’autre », je te souhaite le meilleur pendant cette période de peur, de doute et je ne souhaite qu’une seule chose : Prenons conscience ensemble que nos destins sont étroitement liés à la dose d’humanité qu’il nous reste.


Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que la responsabilité de l’auteur et ne représentent pas nécessairement celle de BAM!

Source photo :
Adobestock - © andranik123

Categories: Perceval 

Perceval

Ma motivation première : La Liberté. Celle de choix, de penser, de critiquer, de ne pas être d'accord, de choisir son traitement, de remettre en question les dirigeants, de vivre simplement.
Je suis un père de famille recomposée, rassemblée où je tente d'instaurer le débat d'idées, la recherche d'informations contradictoires, la curiosité. Je ne suis ni journaliste ni gourou ni prêcheur, je suis simplement un citoyen qui ne veut plus se contenter d'une vérité érigée en dogme non discutable par des personnes qui ne sont plus, à mon avis, en phase avec vous, avec moi, avec NOUS.

Réponse à l’éditorial de Dorian de Meeûs « Ce que les non-vaccinés ignorent ou minimisent… » par le Dr Nour de San, spécialiste en biologie clinique et conseillère en conformité dans l'industrie et le secteur médical.

https://www.lalibre.be/belgique/societe/2021/10/29/ce-que-les-non-vaccines-ignorent-ou-minimisent-EWXPKUO6OBHBFDBF22S5I5YRVA/


« Dans une telle crise, chacun doit prendre conscience qu’il peut participer à l’effort commun, tout comme il peut inconsciemment et de bonne foi nuire à celui-ci ». C’est ainsi que Monsieur de Meeûs termine son dernier Edito qui a fait grand bruit. Et c’est parce qu’une part de lui est consciente que ce phénomène est présent que je ne lui en veux pas. En effet, Monsieur de Meeûs n’a manifestement pas conscience du mal que son Edito peut faire et ô combien même s’il dit ne pas souhaiter cliver, il est par essence clivant.

Quand il affirme que certains arguments des « récalcitrants » sont faux tels que cette phrase que nous reprenons : «  Une personne vaccinée reste contagieuse, le refus du vaccin n’a donc aucune incidence sur la santé des autres », et bien, tout compétent qu’il soit en son domaine, il se trompe. Avec probablement beaucoup de bonne volonté et totalement inconsciemment, il est dans un déni de réalité. Car si beaucoup ont besoin de se convaincre que le vaccin est la solution miracle pour ENFIN sortir de cette crise, et au passage, trouver des coupables à blâmer, la réalité est plus complexe.

Si au début du déploiement du vaccin, les données montraient après la deuxième dose, une diminution des infections et de la contagiosité, depuis, le variant Delta a fait son apparition. Et ce n’est pas une question de pas de chance, c’était prévisible. Et ce n’est pas faute d’avoir expliqué le phénomène de variance des virus à ARN (qui est à la base de la stratégie de vaccination annuelle contre la grippe, donc ce n’est pas comme si c’était nouveau ou inconnu). Et donc, certains récalcitrants bien informés, simplement, ont fait preuve de bon sens en se disant qu’il valait mieux avoir une stratégie de type grippe que d’imaginer résoudre quoi que ce soit en vaccinant la population entière. Car si cela pouvait être efficace, pourquoi ne l’aurions-nous pas fait pour la grippe qui tue chaque année des millions de personnes ? Simplement, parce que c’est une mauvaise stratégie ! Et que pour la grippe, des experts ont pris le temps de réfléchir à tête reposée, sans pression médiatique, politique ou financière et ont été pragmatiques dans leur approche. Car vacciner des personnes qui ne sont pas à risque et sans contacts proches fréquents avec des personnes à risque n’a jamais été envisagé avant la COVID en termes de politique de vaccination comme la balance bénéfice risque individuelle sera toujours mauvaise à l’échelle de la population, cela nécessite beaucoup de personnel pour vacciner tout le monde, cela crée un absentéisme à cause des effets secondaires (même s’ils ne sont pas graves le plus souvent, nous avons été bien ennuyés quand nous avons vacciné tout le personnel soignant en 1 mois de voir les certificats maladie pleuvoir et des absences fréquentes de 1 à 3 jours à cause d’effets secondaires limités mais fréquents).

Bref, tout cela paraissait évident pour la grippe et il semble qu’une amnésie collective ait touché nos super experts qui ont oublié toutes ces raisons qui font que l’on ne vaccine pas tout le monde pour la grippe. De plus, les pharma ne sont pas demandeurs, car en fait, il est nécessaire chaque année de revoir la formulation si on veut avoir un vaccin suffisamment efficace. Et encore, même ainsi, une année sur trois ou quatre, on tape à côté. Et là, pas de revue des souches, on fait comme si de rien n’était et on continue à vacciner avec un vaccin obsolète. Comme si chaque année, on allait reprendre le même vaccin grippe. Personne ne s’étonnerait alors que cela ne fonctionne pas. Ce besoin de revoir le vaccin implique de nouvelles études cliniques annuelles, ce qui, in fine, coûte aux pharma plus d’argent que cela ne leur en rapporte. C’est probablement pourquoi ils essayent avec ce virus d’échapper à ce devoir de reformulation annuelle et continuent à vacciner avec un vaccin que l’on sait désormais de moins en moins efficace.

Alors, pourquoi est-il à ce point compliqué de le comprendre pour ce virus-ci qui obéit à cette dynamique de variation virale qui est connue !?! Alors, oui, Monsieur de Meeûs, il y a des récalcitrants, demandez-vous pourquoi certains d’entre eux qui ont de véritables expertises le sont. Demandez-vous aussi pourquoi la plus grande firme pharmaceutique belge n’arrive pas à convaincre ses employés de se faire vacciner. Renseignez-vous de ce côté-là et nous verrons alors qui de nous fait preuve d’inconscience.

Cette phrase nous a également interpelés : « Les personnes qui estiment ne pas avoir un profil "à risque" ignorent parfois la réelle efficacité de leur immunité naturelle. ».

Et là, nous vous donnons raison. En effet, beaucoup de personnes ne savent pas comment évaluer leur immunité.  Cela veut-il dire qu’il est impossible de l’évaluer ? Et bien non ! En effet, pourquoi ne pas apprendre plus largement à nos concitoyens à évaluer en autonomie leur santé alors que c’est assez simple (même si en effet, ce sera imparfait, grosso modo, il y a tout de même des indicateurs). Le critère principal qui est le plus simple : êtes-vous régulièrement malade ? Gastro-entérite, rhume, sinusite, bouton de fièvre, cystite, mycose… autant de petites infections qui sont une indication de l’état de notre système immunitaire. Beaucoup de personnes ont déjà eu la COVID et savent donc si leur système immunitaire est assez fort pour la combattre. Et oui, juste s’observer peut déjà être un début. Et à partir de là, se demander ce qui fait que notre système immunitaire n’est pas en grande forme ? Est-ce que je mange équilibré ? Est-ce que je me sens épanoui dans mon boulot, dans mon couple ? Est-ce que je bouge de temps à autre ? Est-ce que je ris ? Autant de petites pistes qui quand nous les explorons peuvent nous aider à améliorer notre état de santé. Alors, à moins que nos programmes de santé publique des 30 dernières années n’aient été des mensonges éhontés, il serait peut-être bon aussi de rappeler certaines bases de notre bonne santé au lieu de continuer à faire peur et culpabiliser les non-vaccinés. Car une personne en bonne santé tombe moins malade qu’une personne en mauvaise santé, donc cela semble être une piste que pourtant plus personne ne semble vouloir explorer.

L’autre argument que vous avancez comme étant erroné est le suivant : « Le vaccin ne fonctionne pas vu que 50% des patients en soins intensifs sont vaccinés ». Le fait que vous prétendiez sans sources récentes à l’appui que c’est faux ne rend pas pour autant votre argument valable. L’argument d’autorité a ses limites. Pourquoi donc un de nos illustres élus fervent défenseur de la vaccination irait dire au parlement que la proportion de vaccinés dans les hôpitaux flamands la semaine du samedi 16 octobre au vendredi 22 octobre 2021 était de 70.9% si ce n’était pas le cas (https://www.dekamer.be/doc/CCRI/html/55/ic617x.html).

La Flandre, qui a pourtant un taux de vaccination bien supérieur à Bruxelles et à la Wallonie, nous montre donc que la situation n’est pas résolue grâce à un meilleur taux de vaccination, et que, pour les raisons développées plus haut, le virus continue bel et bien sa circulation; nous avons en fait beaucoup de vaccinés dans nos hôpitaux, ce qui était prévisible!

Mais pourquoi ne vivons-nous pas un tel désastre chaque année avec la grippe?

Nous allons donc voir comment une stratégie pragmatique nous permet de limiter les débordements hospitaliers pour la grippe.

Pour commencer, les premières lignes sont (in)formées pour diagnostiquer et traiter les patients de façon symptomatique, et en période épidémique, elles vont être informées qu’un besoin de vigilance pour les personnes à risque est présent.

Comment sait-on que l’on est en période épidémique ? On teste tout le monde ? Et bien non ! Des médecins vigies, rapportent à Sciensano le nombre de tableaux cliniques compatibles avec la grippe et ces patients vont être testés pour confirmer ou infirmer la présence de ce virus. Nous suivons donc ce que l’on appelle, un échantillon représentatif de la population.  Cela veut-il dire qu’on laisse plein de gens sans les tester et sans diagnostic ? Et bien oui, parce que la confirmation du diagnostic pour la plupart des patient ne changera rien au traitement, il n’est donc pas nécessaire de faire un test PCR ou antigénique pour tous les patients. Quand un certain seuil est passé, l’épidémie est déclarée. Cela va déclencher la recherche plus systématique de ce virus chez les patients qui viennent aux urgences (en dehors de ces périodes, on ne teste pas tout le monde pour rechercher la grippe toute l’année parce que cela coûte cher et le plus souvent c’est négatif. On appelle cela un bon usage des tests diagnostiques qui permet de limiter des dépenses d’argent public inutilement). Et aussi, on utilise des tests antigéniques et pas toujours des tests PCR car le bénéfice des tests PCR en termes diagnostic n’est pas toujours meilleur, donc on laisse les laboratoires hospitaliers définir ces stratégies de testing avec l’équipe de contrôle et prévention des infections hospitalières afin de sélectionner l’approche la plus pragmatique en fonction des tests disponibles sur le marché.

Si l’on testait tout le monde toute l’année, nous trouverions probablement beaucoup plus de cas de grippe ; ceci dit, ce n’est pas pour autant qu’il y aurait plus de malades. Ce n’est pas parce que l’on voit qu’il y a plus de malades que ces malades n’existent pas si on ne les teste pas, et l’effort à mettre, en termes de personnel soignant, de matériel et de ressources financières, serait bien trop élevé pour un bénéfice très faible comme en réalité, nous n’avons pas besoin absolument d’avoir un test Influenza pour traiter correctement nos patients puisqu’en fait, il n’y pas de protocole thérapeutique spécifique pour la grippe en dehors d’exceptions à qui nous donnons des antiviraux contre ce virus. Et pour ces cas, les médecins sont formés à les identifier, donc nous n’avons pas besoin d’ordres gouvernementaux pour que les patients soient bien pris en charge. C’est pour cela aussi que cela prend un peu de temps pour être formé en médecine. Et oui, il y a une pression sur les hôpitaux chaque année en période de pic épidémique de grippe, et les institutions sont préparées à y faire face. Alors, si nous comprenons aisément que pour la première vague il y ait eu un besoin de coordination nationale face à un virus émergent, revenir à des fonctionnements autonomes de nos hôpitaux et des premières lignes ferait des vacances à tous, et à ces soignants et à ces institutions de première intention !

Un autre argument que vous avancez comme beaucoup d’autres et qui m’interpelle : « Et malgré ce qui circule sur les réseaux sociaux, aucun traitement efficace n'existe à ce jour. » Comme nous venons de le dire, il n’y a pas de traitement spécifique à donner pour la grippe le plus souvent, donc pas de traitement miracle pour tous non plus pour ce virus. Ceci ne veut pas dire que l’on ne peut pas traiter les patients ! Aucun généraliste ne penserait à dire à son patient qui a un syndrome grippal en période épidémique ou même en dehors, restez chez vous et si vous n’arrivez plus du tout à respirer, allez aux urgences. Parce que ce serait une faute médicale et une non-assistance à personne en danger. Nous prescrivons des aérosols, éventuellement des antibiotiques, des anti-inflammatoires… bref, aucun de ces traitements n’est contre le virus de la grippe, mais cela évite des complications qui mèneraient plus souvent à l’hôpital ces patients que si nous ne faisions rien. Et comme aujourd’hui tout le monde l’a compris, les places à l’hôpital sont chères, donc, évitons - tant qu’à faire - de laisser l’état de nos patients se dégrader sous prétexte que nous n’avons pas toujours le traitement miracle spécifique. Jamais dans l’historique de la médecine, une telle ineptie ne s’est produite.  Et comme pour la grippe, quand un patient arrive à l’hôpital, le plus souvent il n’y a pas de traitement spécifique non plus. Je pense que nos soignants seront ravis de découvrir que les traitements donnés dans les hôpitaux aux patients COVID qui s’en sortent en fait ne servent à rien et ne sont pas efficaces. Vous confondez Monsieur de Meeûs un traitement spécifique et un traitement symptomatique non spécifique. Et les traitements symptomatiques non spécifiques EXISTENT et évitent à beaucoup de patients de faire des complications et de mourir ! Sans parler d’autres traitements sujets à polémique, dire qu’il n’y a pas de traitement miracle c’est nier les progrès qui ont été faits depuis 18 mois dans le cadre de la prise en charge hospitalière des patients COVID et qui ont aussi contribué à faire baisser la mortalité liée à cette maladie.

Mais bon, si vous préférez croire que nos soignants donnent des traitements à l’hôpital juste pour rire ou pour faire semblant de soigner leurs patients, soit. Et si vous préférez croire que les patients qui ont la grippe et qui sont vus par leur médecins traitant, parce qu’ils ne reçoivent pas de traitement spécifique contre la grippe, sont traités par les hurluberlus qui les manipulent, je vous en prie. Car ce que vous prétendez dans votre article a ce corolaire direct dont j’imagine que vous n’aviez pas conscience. Nous vous invitons donc à nouveau à évaluer la bonne foi de votre posture et la conscience réelle que vous avez de l’impact de vos paroles et de leurs implications.

Vous dites ensuite en parlant des mesures: « Des mesures qui, faut-il le rappeler, ont un impact dramatique sur la jeunesse, l’enseignement, le bien-être mental, les loisirs et – évidemment – sur de nombreux secteurs socio-économiques ». Et avant vous dites aussi : « C’est justement pour protéger notre système de soins de santé que les confinements successifs et les mesures contraignantes ont été imposés aux citoyens. » … Je vous laisse méditer quant à la réalité de la protection du système de soins de santé étant donné les impacts désastreux de ces mêmes mesures sur ce même secteur… Serait-il donc possible que ces mesures soient une fausse protection et répondent en fait plus au besoin de se dire que l’on a fait quelque chose plus qu’à une réelle réflexion de l’impact de ce qui est fait et d’une juste balance risque bénéfice entre mesures prises et dégâts collatéraux ?

Et serait-il possible que la stratégie du tout au vaccin réponde à ce même besoin face à l’impuissance que nous avons à empêcher des personnes vulnérables d’être malades face à certains virus? Nous laisserons cette question à votre juste appréciation.

Et sur la même lancée d’arguments scientifiquement questionnables, vous dites : « Ne pas se faire vacciner, c’est aussi prendre le risque d’augmenter la circulation du virus et donc de favoriser la mutation de celui-ci. » Si le vaccin empêchait la maladie et était adapté aux nouveaux variants, nous pourrions cautionner un tel discours. Comme énoncé précédemment, nous en sommes loin. Par ailleurs, jamais aucune publication scientifique n’a démontré que l’absence de vaccination puisse faire augmenter l’apparition de variants plus contagieux ou plus virulents. Un bel article paru dans PlosOne il y a quelques années déjà (https://journals.plos.org/plosbiology/article?id=10.1371/journal.pbio.1002198) , en revanche, souligne le risque d’une vaccination massive avec un vaccin qui permet la maladie, car c’est exactement cette situation qui accroît le risque de circulation de souches plus problématiques. Encore une fois, il ne nous semble pas que ce soit notre inconscience le problème. Mais bon, pourquoi s’intéresser à ce que la science nous apprend quand des éditeurs et des politiciens semblent si bien s’y connaître ? Nous vous rappellerons dans quelques temps cette phrase que vous nous adressez : « Les variants pouvant être de plus en plus contagieux et dangereux, il n’est pas exclu qu’un futur variant s’en prenne aux plus jeunes ou même qu’il échappe aux vaccins existants. À ce moment-là, il sera trop tard. Et personne ne pourra affirmer que scientifiques et médecins ne nous avaient pas prévenus. » Car en effet, les variants peuvent être plus dangereux, et ce que la science nous apprend c’est que c’est la stratégie actuelle qui rend ce risque le plus élevé. Nous vous aurons en effet prévenu.

Si vous avez des articles scientifiques et des chiffres officiels à nous proposer pour étayer vos propos, comme tous bons experts, nous serons ravis d’intégrer un éclairage différent à nos propos. Nous avons des bases pour nos arguments qui ne sont pas juste basées sur les paroles de quelques experts. Nous attendons une rigueur similaire d’un homme de votre trempe qui jusqu’ici a fait preuve d’une certaine intégrité journalistique. Et si nous sommes à ce point remontés contre ce texte que vous avez publié, c’est que vous avez un devoir de vérification de vos propos. Car les médias sont puissants, et qu’à force de nous laisser entrainer dans des « on-dit », nous nous préparons un monde qui sera bien sombre. Alors, oui, nous avons conscience que nous vous secouons et en même temps, c’est dans l’espoir qu’une porte s’ouvre sur un discours plus nuancé et rationnel. Car comme pour la grippe, avec une stratégie adaptée, et bien, nous sortirons vite de cette crise. Ou bien nous pouvons continuer à faire ce qui ne fonctionne pas et aggraver la situation. Et vous aurez une part de responsabilité en la matière.

En effet Monsieur de Meeûs, certaines personnes essaient en toute bonne foi et avec beaucoup d’inconscience de défendre des arguments indéfendables. Et si nous sommes en effet de bonne foi, et nous vous remercions de le reconnaître, il nous semble que l’inconscience est levée par notre démarche scientifique qui vise à suivre les données scientifiques disponibles plus que les déclarations du CODECO. Cela fait de nous certes des citoyens peu fréquentables de nos jours, et en même temps, nous avons pour nous une satisfaction de ne pas avoir trahi notre besoin de rationalité, de pragmatisme et de courage. L’avenir nous dira si nous avons eu tort ou raison dans notre argumentation. En attendant, nous aurons été honnêtes dans notre démarche.

Dr Nour de San


Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que la responsabilité de l’auteur et ne représentent pas nécessairement celle de BAM!

Source photo :
stock.adobe.com - Syoma

Plus d'articles...