Tribune

Fin de récré

Fin de récré

Cette vaccination est en train de bouffer mon couple. On est dans une situation où elle veut faire comme « tous les gens qu’elle connaît » et qu’elle me dit qu’en refusant le pass je vais « me retrouver dans un coin », donc m’isoler. Et je la qualifie de « mouton » puisqu’elle incarne parfaitement cet état d’esprit.

Mais elle ne se vaccine pas à cause de la pression que je lui mets parce que je ne veux pas qu’elle prenne ce risque inutile (d’ailleurs, elle n’est d’accord ni sur le risque ni sur l’inutilité). Donc je suis en train de la perdre pour ne pas risquer de la perdre. Cornélien, n’est-ce pas ?

« Ce n’est pas ma bataille », dit-elle, en me faisant comprendre que pour moi, c’est une sorte de croisade irrationnelle. Je suis donc coincé. Les covidistes ont réussi à diviser la société jusqu’à l’intérieur des familles, et même des couples.

Dur de ne pas être en colère, avec ça. Je ne peux pas les laisser me briser. Ils ont déjà brisé tant de personnes, que c’en est devenu une entreprise de broyage humain à l’échelle industrielle. La puissance totalitaire en marche est à la mesure du confort acquis grâce à ceux qui nous ont précédés.

Aujourd’hui, nous prenons enfin conscience que RIEN n’est gratuit et que la liberté se mérite. Nos parents nés après la guerre sont la seule génération qui n’aura pas connu de guerre, enfin, un petit peu maintenant quand même. Car on y est, même si cette guerre contre les peuples ne dit pas son nom. La récréation est finie. L’insouciance aussi.

Le réveil est très difficile. Comme tout le monde en Occident, je n’avais pas envie de me battre pour le respect des droits fondamentaux puisqu’ils étaient des acquis. C’est terminé. Soit on se bat, soit on se soumet, l’Histoire se répète toujours, finalement.

Allez, si je fais un effort, j’arriverai peut-être à prendre de la hauteur et réaliser que mon destin d’humain n’était pas de continuer ma vie à consommer sans vergogne et me plaindre de choses insignifiantes qui feraient rire un Afghan ou un Ouïgour. Mais je trouve soudain le costume de héros du combat contre le totalitarisme un peu grand pour moi. D’un autre côté, me soumettre et collaborer à ce qui est en train de se mettre en place signifierait une énorme compromission que je ne peux me résoudre à voir chaque jour dans le miroir, même en fermant les yeux.

Et je repense à ces jeunes qui, un jour, ont pris le maquis dans ce pays que je ne reconnais plus, à ceux qui ont refusé la dictature au Chili ou à ceux qui tentaient de franchir le mur de Berlin au péril de leur vie. Va-t-on en arriver là ? Il y a bien des horreurs perpétrées contre les humains, chaque jour, dans le monde. Pourquoi cela n’arriverait-il pas ici non plus puisque cela semble être le propre de l’Homme que d’infliger de la souffrance à son prochain ?

À quoi me raccrocher à l’heure où j’ai peur de perdre la femme que j’aime, soit par ce poison, soit parce que nous voyons maintenant la vie différemment ? Le tour de mes enfants arrive, la gangrène gagne du terrain. L’un a déjà capitulé, un autre est en train de le faire, victime du chantage officiel dont les covidistes ne se cachent même pas, et mes deux plus jeunes seront bientôt la prochaine cible de ces criminels qui nous dirigent et dont rien ne semble pouvoir arrêter la folie destructrice.

Et pourtant, en précipitant les choses déjà bien engagées depuis des années dans l’indifférence totale, ils ont malgré eux fait naître l’espoir d’un changement de société. Pas pour la leur, mais pour celle à laquelle nous aspirons, en fait. Elle n’adviendra pas sans un grand coup de balai dans tout ce qui nous oppresse aujourd’hui mais qui, soyons honnête, existait déjà hier. Ça ne se fera pas du jour au lendemain, il y a du travail !

Cette société dont nous rêvons, elle a un prix. Et il sera certainement élevé, vu la puissance des forces d’inertie actuelles qui nous emmènent à grands pas vers un monde totalitaire. Pas besoin d’être « complotiste » pour s’en apercevoir, puisque tout est au grand jour, tout est public et officiellement publié.

Bref, je n’ai même pas à choisir puisque si je ne fais rien pour faire advenir le monde dont je rêve, je ne pourrai pas faire semblant de vivre dans le monde qui se dessine sous nos yeux, jour après jour. Au moins, je peux toujours dire que je le fais « pour mes enfants » puisque je ne suis même pas sûr de le voir, ce monde dans lequel j’ai envie de vivre.

En tout cas, une chose est sûre : il commence par la fraternité, la solidarité et l’amour de son prochain, Bref en créant des liens. Et ceux que j’ai tissés depuis le début de cette crise me donnent l’espoir, sentiment si humain, qu’une autre direction est du domaine du possible.

Allez , quand faut y aller, faut y aller ! Personne n’aime souffrir mais aujourd’hui c’est la peste ou le choléra. Choisis ton camp, Camarade ! Moi, c’est fait depuis longtemps, il faut juste que je m’habitue à l’idée de perdre mon petit confort corrompu, sucré et vanillé qui m’a empêché de voir la réalité.

Je me trouve ridicule et je le suis. Finalement, le courage, c’est peut-être ça : y aller alors qu’on a conscience qu’on pète de trouille. Mais en fait, on n’a pas le choix et les dés sont même jetés depuis toujours.

Car si je suis suffisamment éveillé pour voir où nous mène le berger et ne pas être d’accord pour suivre le troupeau, c’est que je ne suis pas un mouton et que je n’ai rien à faire là. Et plutôt beaucoup à faire ailleurs, dans la direction opposée. Tu viens avec moi ?

 


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