Tribune

LES MAGICIENS QUI NOUS GOUVERNENT

LES MAGICIENS QUI NOUS GOUVERNENT

Dans une tribune au vitriol, notre chroniqueur Pierre Chaudoir exprime sa colère contre les élus du peuple belge qui ont adopté, en plein été, la “loi Pandémie” ce 15 juillet 2021, alors que, ce jour-là, le sud du pays était dévasté par des inondations. Non seulement cette loi entérine toutes les restrictions aux libertés fondamentales subies par les Belges depuis seize mois sans en avoir le moins du monde évalué l’efficacité, voire le bien-fondé, mais elle donne les pleins pouvoirs au gouvernement pour continuer de plus belle, en pouvant user d’un nouvel arsenal répressif. Après de nombreux aller-retours au Conseil d’État à l’initiative de l’opposition (N-VA, Vlaams Belang, PTB, DéFI, cdH), les députés de la majorité (CD&V, sp.a, Open VLD, Groen, Ecolo, PS et MR) ont voté comme un seul homme pour ce texte


Tout s’explique par la magie. La base, c’est de détourner l’attention du spectateur pour agir à l’insu de son plein gré dans une apparition ou disparition. Waouw. Les yeux pétillent. On oublie ses soucis du quotidien.

En matière politique, nos « politichiants »  manient cet art avec une grande dextérité. Ta croix posée avec un vilain crayon rouge sur un bulletin dans un isoloir se transforme par enchantement en un chèque en blanc dont l’élu use à satiété sans plus jamais se soucier de ton avis.

Tu te retrouves comme un cocu magnifique. Ta croix s’est échangée contre un poste de « sinistre », de « dépité » ou de chef de la fanfare de ta ville. C’est comme dans l’École des Fans de Jacques Martin. Tout le monde gagne, en fait. Ce serait con de ne pas devenir un magicien oligarchique.

Petits arrangements entre saligauds

Pour faire un gouvernement, il faut d’abord trouver un nom avec des couches comme une lasagne. Cette fois, ils l’ont appelé « Vivaldi » . En matière de météo, nous sommes capables de vivre les 4 Saisons en une journée, en Belgique. Je me suis dit :  « Ben dis donc, bien trouvé. Je n’y aurai jamais pensé !  ».

Ensuite, il faut se mettre ensemble pour une majorité. On élimine les extrêmes, donc les gagnants, pour ne prendre que les losers. Et on prend 7 partis. On choisit un chef du village dans le parti le moins représenté. On fait tout à l’envers en fait. C’est un « fils de… ». Comme quoi, le népotisme est un véritable parti.

Et on essaie de diriger le pays le plus ingouvernable du monde. Avec des compromis de pommes et de poires. Toujours sans se soucier de ton avis. On fait comme les magiciens : on fait croire que c’est compliqué. Mais c’est tout fastoche, en fait.

Un stoemp politique

Comme il y a une myriade de gouvernements, des régions et communautés, on distribue les rôles au sein de toutes les familles politiques. Tout le monde est content, sauf les deux extrêmes, qui gagneront le prochain tirage aux élections. La solidarité est donc diffusée partout. Dans l’esprit collectif : « si tu racuspotes, je te balance ».

Donc, officiellement, on se dispute devant les médias mais on boit des coups au bar du Parlement. C’est tellement fun surtout quand l’horeca est fermé. Cela rajoute un petit côté prohibition assez jouissif. En tant que politicien, tu n’as que des avantages. Pas d’obligation. Tout le monde a quelque chose à dire sur tout mais personne n’a de compte à rendre à personne. Un peu comme un match de foot sans arbitre.

Les règles du jeu

Quand tu es dans le club des politiques, tu délègues. À des bureaux de conseil, qui facturent comme des porcs. Mais tu t’en fous car ce n’est pas ton pognon. Tu déroules leur discours, puis tu nommes des spécialistes externes en tout. Tu déroules leur discours. Si ça merde, tu les changes ou tu dis que c’est de leur faute.

Et puis après, tu dis à tous les gens qui ont mis une croix avec ce – toujours - vilain crayon rouge, qu’ils n’ont pas bien obéi. Tu les humilies, tu les infantilises, tu les divises, tu les motives avec une carotte pour ceux qui obéissent et tu frappes avec un bâton les autres, dont tu fais partie puisque tu nous lis.

Les feuilles de route

De toute évidence, quand un de tes experts se fait malmener, tu lâches un militaire un peu motivé pour inverser le triangle dramatique. Le vilain expert détesté passe de persécuteur à victime et il redevient sauveur. Tadam ! Le tour est joué.

Et comme chaque semaine, tu vas dans ta famille politique voir tes « parrains », qui te donnent ta feuille de route. Tranquille. Pas besoin de réfléchir, tu déroules leur discours. Dans les médias sponsorisés, tu déroules leur discours.

Curieusement, tous les courriers des partis sont envoyés avec un timbre de Davos. Mais comme tu as envie de vivre cool, tu sais mais tu déroules leur discours. Étape par étape, tu fais ton taf avec des objectifs. Résoudre, mais avec un objectif commun, imposer les vaccins… Tu ne te poses pas de questions.

Discours faciles…

Pas de vaccin, pas de vie sociale. Pas de vaccin = incivique. Punchlines directes et efficaces. Tu attises le feu entre les pro- plus nombreux face à une frange de complotistes minoritaires. Tu lances le mouvement et tu agites le tison.

Derrière le vaccin, le désordre mondial de l’oncle Klaus Schwab cache une forme de suivi électronique à la 1984, la fin du cash pour bloquer les gens, un contrôle Big Brother et les riches qui deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres.

Et pour changer les règles, tu ne fais pas comme le p’tit Manu à Paris : tu profites d’une catastrophe naturelle extraordinaire pour voter discrètement une loi avec la majorité constituée par les partis qui ont perdu les élections. Majorité contre opposition. Tout le monde obéit la main sur la couture du pantalon. Même que tu te dis que le con qui aurait ouvert les vannes des barrages serait un fameux filou.

Tu laisses Flupke et Mathilde comme leurres pour les victimes et les médias. Et toi, tu te tires tranquillement en vacances l’esprit tranquille du devoir consciencieusement accompli. Pas besoin de vaccin. Tu as trop peur pour ton intégrité physique et puis on pourrait considérer que tu serais favorisé.

Résumons…

Pour entrer dans le club politique, au début, il faut parfois payer de sa personne. Si tu as un peu d’humanité, on te déprogramme afin que tu ne t’excuses jamais et que tu ne fasses jamais preuve d’empathie pour ceux qui mettent une croix dans ta case avec un hideux crayon rouge.

Si tu respectes le journal de bord de ta secte politique, c’est Win for Life. La vie de château jusqu’à ton dernier souffle. Si tu en as marre, on te nomme administrateur grassement payé dans une association sans aucun but et complètement inutile parmi un milliard. C’est juste un alibi. Un leurre. Comme avec les magiciens.

Puis tu « népotes ». Tu places tes abrutis d’enfants au soleil. Et la roue tourne. Elle brille comme un accessoire de magicien sur une scène de cabaret…

Chauchau, chroniqueur chez BAM!


Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que la responsabilité de l’auteur et ne représentent pas nécessairement celle de BAM!

Source photo : Adobe Stock