Le budget de la police s’est évadé
Du goudron et des plumes.
L’ex-ministre Annelies Verlinden, ministre de la Justice, chargée du dossier I-Police, s’est fait tancer par la Cour des comptes. Ou plutôt la Cour Décomptes.
Une fois de plus, après la gare de Mons, le bâtiment de la RTBF, avec plus de 110 millions de frais supplémentaires, le futur musée Kanal, qui fait exploser les budgets …, on découvre que nos dirigeants sont de piètres gestionnaires financiers.
Il est temps que cesse l’impunité. Que ce soit de l’incompétence ou de la malhonnêteté. Qui casse, paye.
Mais visiblement, la ministre a des accointances un peu perturbantes avec le fournisseur attitré...
I-Police devait relier tous les systèmes informatiques de nos polices. Cinq ans et 139,4 millions d’euros plus tard, la plateforme n’existe pas. On croyait avoir perdu 76 millions. Tadaaam ! Presque le double. En Belgique, même les fiascos ont droit à leur mise à jour comptable.
Le contrat de 2021 avec le français Sopra Steria promettait des « quick wins » en douze à dix-huit mois. Les jalons n’ont jamais été définis, les contrôles jamais branchés. Mais une application tournait à la perfection : le paiement automatique. Chaque mois, sans condition, sans vérification. Cent consultants pendant des années, sans rien à montrer, percevaient de confortables émoluments. Il y a eu près de 500 consultants sur ce dossier. Du grand délire.
Ce n’est plus un projet informatique, c’est une petite mafia avec les mêmes réflexes de survie. Personne ne voulait scier la branche sur laquelle il est si confortablement assis.
30 millions de licences, dont 21 millions d’inutilisables. Certaines achetées dès 2021 « pour consommer des crédits ». Acheter ce qu’on ne sait pas encore utiliser pour que l’argent ne dorme pas. Gouverner, c’est prévoir, disait un ancien. Oui, prévoir qu’on ne saura pas s’en servir.
Devant le juge, chacun a sa version. Le fournisseur accuse le chantier d’avoir changé. L’État accuse le chantier de n’avoir jamais démarré. Le bal des faux-culs, chorégraphie classique des divorces contractuels, sauf qu’ici, on se dispute pour savoir qui doit répondre de centaines de millions et les contribuables ont déjà payé les briques d’une maison qui n’a jamais eu de toit.
La police fédérale réclame 244 millions à Sopra Steria, une information judiciaire est ouverte pour détournement de fonds publics et l’ancienne ministre Verlinden découvre que le palais a mis des volets aux fenêtres. Ironie du sort, car la police, dont le métier est d’établir les responsabilités, doit enquêter sur sa propre gabegie. Un exercice pratique à 139 millions.
Dans le privé, un dirigeant qui brûle des millions sans résultat est jeté aux crocodiles. Chez nous, il a droit à un audit, une commission parlementaire et un rapport de trois cents pages pendant que Qatargate et consorts moisissent en rade sur un quai, sagement rangés dans des boîtes à chaussures qui prennent l’eau. C’est à qui aura le budget pour l’enquête, mais pas pour le résultat. À croire que le flou artistique de la police est mené par le grand banditisme.
Un audit externe du chantier est mis en place durant l’année 2024 et la fin de cette analyse arrive au bureau du nouveau ministre Quintin qui arrête en décembre 2025. Il arrête tout.
Et le plus comique, c’est qu’il a été intimé par courrier recommandé à Sopra Steria de ne pas participer à la commission d’enquête. Bizarre. Bizzare. Lien Le Soir : https://www.lesoir.be/730978/article/2026-02-25/la-police-deconseille-sopra-steria-de-se-presenter-aux-audiences-sur-i-police
Le 27 octobre, Le Soir et De Standaard révèlent que le porte-parole de la ministre de la Justice a été inculpé pour violation du secret professionnel. Le porte-parole, donc. L’homme dont le métier est de parler, soupçonné d’avoir surtout voulu écouter. Un porte-parole discret, c’est rare. À ce point, c’est suspect.
Il est question d’une tentative d’accès à des informations confidentielles sur l’enquête I-Police. Ce projet informatique de la police fédérale est aussi utile qu’un parapluie à Knokke en novembre.
Et le fil fait des nœuds. Verlinden a défendu Sopra Steria comme avocate. Son compagnon travaille dans un cabinet qui a conseillé l’entreprise. La ministre nie tout conflit d’intérêts. Vrai ou non, les questions restent : qui voulait savoir quoi ? La ministre était-elle au courant ?
La question finale, la plus vertigineuse. Quelles garanties protègent une enquête quand elle concerne celle qui dirige aujourd’hui la Justice ? La séparation des pouvoirs, ce n’est pas de la fantaisie. Visiblement, pour les pouvoirs publics, ce n’est pas ou plus une priorité.
Dans n’importe quel pays, elle aurait été virée ou elle aurait eu la décence de démissionner, mais en Belgique, c’est surréaliste de voir à quel point notre seuil de tolérance est anormalement élevé...
Tout est dit même dans les médias subsidiés. Mais personne ne bouge...
Personnellement, j’offre les plumes !!!!
Sources : Le Soir / De Standaard, RTBF/Belga, 27 octobre 2026 / Le Soir, 21 octobre 2026.
Qui est Sopra Steria ?
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Il est temps pour l’intelligence authentique
À l’ère de l’intelligence artificielle, l’esprit critique est plus important que jamais. Nous avons besoin des compétences nécessaires pour appréhender les enjeux éthiques complexes et garantir que l’IA serve au mieux les intérêts de l’humanité. Grâce à l’éducation, nous pouvons former une main-d’œuvre capable de reconnaître le potentiel de l’IA et d’encadrer son développement de manière responsable.
Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que la responsabilité de l’auteur et ne représentent pas nécessairement celles de BAM!
Pietje Schramouille
Illustration de Pietje Schramouille générée par IA http://perplexity.ai/