Le trou sans fond de la RTBF
BAM a souvent fustigé la gestion proche des autorités du contenu journalistique de notre RTBF durant la période Covid, mais nous n’avons jamais parlé de sa gestion immobilière…qui est aussi foireuse.
A l’heure où pleuvent les taxes pour tenter de renflouer le bateau Belgique, la série de Gabelgie (contraction de gabegie et Belgique) prend de l’ampleur.
On a longtemps parlé du paquebot Reyers.
Pour le côté historique, l’artère s’appelait boulevard Militaire, en lien avec l’ancienne fonction de terrain de tir national sur le site. Pas de hasard.
Des kilomètres de couloirs, une tour plantée sur le boulevard Reyers…
Eh bien ce paquebot, on ne va pas le transformer en musée ni en lofts : on va surtout le raser, après avoir fait exploser les budgets pour tout reconstruire juste à côté.
Derrière le joli mot Mediapark
D’abord la Région bruxelloise qui rachète le site RTBF–VRT, 19 hectares, pour un montant estimé entre 150 et 200 millions d’euros afin de lancer le nouveau quartier. Acte posé par onze Rudi Vervoort.
Ensuite la RTBF avec Media Square, le nouveau siège, était annoncé à 187 millions. Avec l’inflation et les retards, on arrive aujourd’hui à environ 236,5 millions : 179 pour l’immeuble, 57,5 pour la technologie, officiellement « auto-financés » via dotation, économies internes et vente du terrain.
Donc une augmentation substantielle due à des incertitudes. Il y a une action en justice de 112 millions en cours intentée par des prestataires de service qui ont été victime des tergiversations décisionnelles avec à la clef, un solide retard. La routine quand il s’agit du bâti public.
À cela s’ajoute la Maison des médias Frame qui accueille Molengeek et BX1 et qui pour le reste sonne creux avec de l’écho car il est vide. Un premier bâtiment public à plus de 20 millions d’euros, cofinancé par la Région et l’Europe.
La VRT aussi
La VRT suit le mouvement : un nouveau siège d’abord budgété à 122 millions, qui grimpe autour de 133–150 millions, avec 10 millions de subside européen pour le côté durable.
La gabegie de canaux de diffusion
Aujourd’hui, la RTBF, c’est grosso modo quatre chaînes télé, neuf radios et deux grosses plateformes numériques maison, Auvio et RTBF Actus pour une population de 4,5 millions de francophones.
La RTBF emploie aujourd’hui autour de 2.400 à 2.500 personnes au sens large, tout statut confondu, avec environ 1.800 à 1.900 salariés internes dans les chiffres officiels récents. De la pure folie.
L’addition svp
Résultat. Quitter Reyers sans quitter Reyers, on arrive à plus d’un demi-milliard d’euros d’argent public et parapublic entre le terrain, les deux sièges et les équipements du quartier.
Le vieux paquebot va disparaître. Durée des travaux prévus = 4 ans.
On croit rêver. La tour sera recyclée mais personne ne sait en quoi.
Reste une question pour l’auditeur ou le téléspectateur qui voit ses factures grimper : fallait-il vraiment dépenser autant pour les télévisions publiques financées effectivement par le citoyen. Dans une période, qui plus est, très défavorable aux médias internationaux qui réduisent considérablement la voilure. La Belgique dépense sans vraiment, bien, compter. Une ineptie.
Une commission ?
Si un mec comme Charles Alloncle veut venir se détendre en Belgique avec une petite enquête, il y aurait de quoi rire ou pleurer pour la gestion de notre INR. Je le logerais chez moi pour éviter les frais.
Et on peut aussi rappeler qu’il fût un temps durant lequel l’émission de Jean-Claude Defossé, Le Journal de Travaux Inutiles, faisait de belles audiences. Charité bien ordonnée commence par soi-même…
Pietje Schramouille
Les opinions exprimées dans cette tribune n’engagent que la responsabilité de l’auteur et ne représentent pas nécessairement celles de BAM!
Illustration de BAM!
Sources :
236 millions d’euros pour Media Square : Jacqueline Galant réclame des résultats concrets à la RTBF
Un litige à 112 millions d’euros autour du nouveau siège de la RTBF
Le nouveau siège de la RTBF coûtera plus cher que prévu | 7sur7.be