Revue de presse

Covid-19 : La vaccination des enfants en question (s)

Covid-19 : La vaccination des enfants en question (s)

"À quelques jours de la rentrée scolaire, deux scientifiques, Pierre Sonigo et Jean-Marc Sabatier émettent des réserves et font des recommandations à propos de la vaccination des élèves. Ils sont interviewés par le Dr Jean-Michel Wendling*"

"Les enfants sont-ils mieux armés que les autres face au virus ?"

Pierre Sonigo - Les coronavirus endémiques qui nous entourent ont été les grands absents de la communication sur la COVID-19 alors qu’ils sont la clef d’une lecture cohérente de la situation. L’immunité croisée induite par ces virus infantiles historiques est la meilleure explication de la miraculeuse sauvegarde de nos enfants et des sujets jeunes lors du choc émergent de 2020. On a éliminé ces virus communs de nos esprits, mais ils ne sont bénins que pour les sujets jeunes préalablement immunisés par une infection infantile pas trop ancienne et tuent quelques milliers de sujets âgés ou fragiles chaque hiver. Paradoxalement, on a braqué le projecteur sur le dernier arrivé de la famille, le SARS-COV2, assez traumatisés que nous étions, et à juste titre, par une émergence indiscutablement catastrophique.

"Y-a-t-il lieu de s’inquiéter pour les enfants avec le variant Delta ?"

"P.S.- Il faut raison garder et être serein. La communication anxiogène et confuse est actuellement à son comble alors que la convergence évolutive est atteinte entre SARS-COV2 et ses cousins endémiques, sous la forme d’un variant à fort tropisme muqueux, extrêmement contagieux, avec un pouvoir pathogène moindre : on hurle au loup avec Delta, alors qu’on continue à ignorer totalement les autres coronavirus qui nous entourent et qui ont exactement les mêmes propriétés virologiques. La différence venait uniquement de la plus faible immunité de la population plus âgée, différence bien résorbée aujourd’hui.

Le SARS-COV2 est aujourd’hui le 5ᵉ coronavirus endémique. Acceptons de vivre avec lui comme nous le faisions avec ses prédécesseurs et espérons vivement que les chiffres de l’automne qui arrivent nous permettront de retrouver, à défaut d’une « vie d’avant », un peu de sérénité et du temps pour préparer des actions préventives de long terme et des recherches rigoureuses, en dehors d’un contexte d’urgence."

"Les vaccins ARNm sont-ils bien adaptés pour les jeunes ?"

"Jean-Marc Sabatier - Deux vaccins à ARNm (des sociétés Pfizer-BioNtech et Moderna) ont été autorisés en France pour la vaccination des enfants et adolescents (12 à 17 ans). Une dose du vaccin Comirnaty (Pfizer-BioNtech) contient 30 microgrammes d’ARNm encapsulé dans des nanoparticules lipidiques, tandis qu’une dose de vaccin Spikevax (Moderna) contient 100 microgrammes d’ARNm.
Dans le cadre d’une stratégie vaccinale des 12-17 ans (qui me semble inapproprié compte-tenu de la létalité au SARS-CoV-2 quasi inexistante dans cette tranche d’âge, et du fait que les vaccinés sont aussi capables de transmettre le virus), ces dosages mis au point initialement pour les adultes devraient être adaptés, notamment au regard de la masse corporelle moyenne nettement inférieure des plus jeunes et de leur réponse immunitaire plus puissante. Pour ces derniers, une dose relative supérieure du vaccin pourrait être néfaste et conduire à davantage d’effets secondaires, sans nécessairement conduire à une meilleure réponse immunitaire contre le virus. Par exemple, il semblerait que le vaccin Spikevax (environ 3 fois plus dosé en ARNm que le vaccin Comirnaty) soit associé à une incidence plus grande de myocardites."

"Les myocardites post vaccinales constatées touchent-elles plus les jeunes ?"

"J-M.S.- En effet, des cas (néanmoins très rares) de myocardites, mais également de péricardites, aiguës sont associées à l’administration de vaccins à ARNm, notamment chez les jeunes hommes (14-29 ans). Il s’agit d’une inflammation du muscle cardiaque. Cette pathologie apparait généralement dans les trois à quatorze jours, et principalement après l’injection de la seconde dose de vaccin : elle nécessite un traitement de soutien avec des médicaments anti-inflammatoires. La myocardite se manifeste par des palpitations ou arythmies cardiaques, des essoufflements et/ou des douleurs thoraciques transitoires et brutales."

"Quelles sont vos explications ?"

"J-M.S.- Selon moi, la myocardite est, dans ce cas, un effet secondaire probable lié à la suractivation du système rénine-angiotensine (SRA) des cellules myocardiques par la protéine spike vaccinale. Le récepteur AT1R pro-inflammatoire du SRA en serait directement responsable. Le SRA est différent entre les enfants, adolescents, adultes et personnes âgées. Ces différences additionnelles pourraient expliquer la sensibilité accrue des jeunes vaccinés à la myocardite."

"Ces complications, plutôt chez les jeunes hommes, sont-elles explicables par un facteur hormonal ?"

"J-M.S.- La prévalence moindre de la myocardite chez les jeunes femmes pourrait reposer sur la protection cardio-vasculaire conférée par les œstrogènes (hormones féminines). Il est en effet décrit que les œstrogènes sont protecteurs des maladies cardio-vasculaires chez la femme. Les œstrogènes diminuent notamment le taux de récepteurs ECA2 (ECA2 = « enzyme de conversion de l’angiotensine 2 » appartenant au SRA et codée par le chromosome sexuel X). Il s’agit du récepteur sur lequel se fixe la protéine spike (virale ou vaccinale) dans le cœur."

"La carence en vitamine D est-elle susceptible de favoriser les effets secondaires du vaccin ou d’influer sur son efficacité ?"

"J-M.S.- Oui, car la protéine spike vaccinale produite à partir des vaccins à ARNm a montré qu’elle était potentiellement capable, comme le virus SARS-CoV-2, de se fixer sur son récepteur ECA2 et de suractiver le SRA. La vitamine D est capable de freiner la suractivation du SRA en inhibant la production de rénine et va donc s’opposer à l’apparition des effets secondaires majeurs. Une personne vaccinée et carencée en vitamine D ne sera pas « armée » pour freiner les effets secondaires du vaccin. C’est la raison pour laquelle il est extrêmement important d’avoir un bon statut en vitamine D (40-60 ng de calcidiol par ml de sang) avant toute vaccination permettant également un fonctionnement optimal du système immunitaire."

"Est-il possible d’avoir une carence en vitamine D quand on a 18 ans ? Comment le savoir ? Et que faire si on décide de se vacciner ?"

"J-M.S.- Il est possible d’avoir une insuffisance (12-30ng de calcidiol par ml de sang) ou une carence (<12 ng calcidiol/mL) en vitamine D quel que soit l’âge. Les études montrent que la majorité de la population française manque de vitamine D. Si vous ne prenez pas de supplémentation en vitamine D (cholécalciférol = vitamine D3), vous avez plus de chance d’être insuffisant ou carencé, car la production de vitamine D3 via les UV solaires et l’alimentation sont généralement insuffisants. Il est ainsi souhaitable de se rapprocher de son médecin pour un dosage et si le taux est trop faible, procéder à une supplémentation afin d’atteindre un taux satisfaisant (>40 ng calcidiol/ml)."

"Pierre SONIGO, Ancien directeur de recherches INSERM & directeur scientifique – SEBIA"

"Jean-Marc Sabatier, Directeur de recherches au CNRS et Docteur en Biologie Cellulaire et Microbiologie, affilié à l’Institut de Neuro-Physiopathologie (INP), à l’université d’Aix-Marseille."

"*Le Dr Jean-Michel Wendling, spécialiste prévention santé au travail à Strasbourg, est consultant scientifique pour infodujour.fr."


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